Archives mensuelles : février 2014

poudre de cloportes

« Critiques » de livres noirs sur Facebook : le bal des cloportes!

Ils chassent en meute, adorent ridiculiser , insulter les « petits » auteurs et éditeurs et massacrer leurs livres – parfois même sans les avoir lus – juste par pure bêtise.

Ce n’est pas des blogs personnels de lecteurs dont il est question ici, certains font même des chroniques argumentées que certains professionnels pourraient envier.

Pas mal de ces blogs amateurs sont tenus sérieusement. Nous ne parlerons pas ici des sites internet d’une notoriété plus importante : ils refusent les envois presse des petits éditeurs, étant déjà débordés par ceux des éditeurs majeurs.  Ils fonctionnent donc déjà quasiment comme les journaux et magazines : ils nourrissent le plus souvent la machine industrielle de production de livres. Ce n’est pas une critique, c’est juste un constat.

Reste pour nous une autre piste pour avoir des avis. Et c’est là que cela se corse : les « groupes » spécialisés dans le polar sur Facebook. La plupart sont créés et tenus par des amoureux de lecture. Ils cherchent des idées de livres, en discutent, c’est bon enfant. Ils aiment, ou pas. Font la promotion de leurs coups de cœur. S’attachent au contenu des livres. Des vrais lecteurs quoi. Ceux pour lesquels nous faisons ce métier et auxquels s’adressent nos auteurs.

Il y a quand même une exception, sur laquelle nous allons nous attarder, parce qu’il est représentatif d’à peu près tout ce qui est médiocre sur les réseaux sociaux, et l’était déjà dès la création d‘internet et des forums. Pas de raison donc que le milieu des amoureux de la littérature noire échappe à ce qui semble un regroupement par osmose de mépris suintant,  de suffisance crasse, d’humour hautain et toujours avilissant pour la cible.  Sur Facebook sévit donc la poignée d’abrutis qui anime « Fanas du polar ». Inutile de s’y rendre : pour peu que vous ayez un tant soit peu de répartie, ils s’appellent au secours les uns les autres pour chasser en meute et tenter au plus vite de vous noyer de quolibets ignobles. Pourquoi s’y arrêter ? D’une part parce qu’ils nous vouent une sorte de haine inextinguible avant même notre première parution, d’autre part tout simplement parce que la poignée d’individus encadrant ce rassemblement de près de 300 membres (dont la grande majorité est sans doute inscrite là, comme ailleurs, sans penser à mal) est somme toute assez représentative de tous les acteurs de ce milieu littéraire. Petite présentation des plus virulents de la « meute » avant de rentrer dans le vif du sujet :

Un auteur de polar psychopathe (c’est lui qui le dit) en manque de reconnaissance et sans doute de talents, animateur principal de leur haine franchouillarde, un très suffisant chroniqueur littéraire ( payé par Nice Matin ?) ou son usurpateur, une apparemment bipolaire blogueuse belge de livres :  la « gentille » qui sollicite poliment  des services de presse aux éditeurs mais qui se prend sur ce groupe pour la Nathalie Ménigon de la critique en les flinguant médiocrement dans le dos, et enfin un employé de librairie (se disant chroniqueur occasionnel à France Inter) qui apporte sa caution « professionnelle » de vendeur de livres à cette petite bande dont le fonctionnement s’inspire de certaines mini-terreurs de halls d’immeuble. A laquelle se joignent plus ou moins régulièrement quelques pseudo-experts « noirs », un ex-blogueur, et au moins un auteur un peu connu mais masqué sous pseudo (forcément), venant soutenir leur fan-club.

Leur slogan copié-collé : « Abandonne tout espoir d’autopub, toi qui entres ici » (convoquer ainsi l’immense Dante est indigne), leur bandeau : le logo d’une marque  Finlandaise de cardiofréquencemètres sportifs ( ?), leur « favicon »   : un verre de vin et une bouteille de rouge. (du coup on comprend mieux leur aptitude au délire)

Mieux qu’une longue digression sur leur comportement de racailles du Net, voilà comment Rouge Sang éditions fut accueillie –dès sa création – par ce groupe de haineux systématiques suite à notre appel à blogueurs pour des critiques de nos livres, et cela tout à fait gratuitement sans rien leur demander ni même publier ou intervenir chez eux… :

La même qui demandait des livres gratuits en même temps à...Marc Louboutin
La même qui demandait des livres gratuits en même temps à…Marc Louboutin

acceuil 2 appel blog

acceuil appel blogsAvouez : cela part bien. Pas un livre publié et déjà une volée de commentaires insultants ou moqueurs, sans raison factuelle, juste comme cela en passant, par toute petite aigreur frustrée : lâchement. Et surtout, notamment pour la « fameuse » Fabe Book,  en douce, pour pouvoir poursuivre son rôle de Lara Croft de bazar auprès de ses « potes » . Alors que dans le même temps…elle était la première à solliciter très poliment Rouge Sang éditions pour recevoir tout à fait  gratuitement nos envois de service de presse.  Nous ne sommes sans doute pas les seuls quand on voit la constance de ses publications sur tous les groupes dédiés au genre policier en se faisant passer pour la bonne copine sympa qu’elle n’est absolument pas. Nous passerons sur le fait qu’elle n’est même pas capable de recopier correctement  dans ses « chroniques » le titre d’un livre… en lui souhaitant encore de longues années de lecture gratuite. Mais pas grâce à nous.

La question qui survient est « Pourquoi un tel acharnement immédiat? ». Nous y reviendrons en gardant le meilleur pour la fin. Pour l’heure, restons sur quelques morceaux choisis de « critiques » concernant Rouge Sang éditions et nos auteurs.

critique 2
Pour eux, une auteure, en l’espèce Gaëlle Perrin-Guillet, n’est donc qu’une « pouliche ». Petit sexisme de bas-étage…

Là encore, niveau d’analyse sous le niveau de la mer. Les taupes de la littérature policière critique 3creusent toujours plus bas dans le fumier dans lequel ils s’épanouissent. Et quand il faut détruire un livre, sans même l’avoir lu, leur médiocrité va jusqu’à fouiller Facebook pour trouver des avis mitigés et les publier tels quels, sans demander critique 1l’avis de personne, dans les commentaires d’un billet pourtant argumenté comme ils ont osé le faire (anonymement évidemment) sur un site Internet pour « Haut le chœur ».

Débutante en quoi ? Gaëlle Perrin-Guillet : 4 livres. Fabe Book : 0
Débutante en quoi ? Gaëlle Perrin-Guillet : 4 livres. Fabe Book : 0
Grand chroniqueur à l'oeuvre...
Grand chroniqueur à l’œuvre…

 

 

 

 

Mais donc : pourquoi tant de haine ? En fait, c’est simple. Fanas du polar n’est pas simplement un groupe concerné par la littérature noire en général. C’est un mini-groupuscule se réclamant d’une pseudo frange minable de l’extrême-gauche. Ils sont donc résolument engagés « contre le fascisme dans le polar ».

gouy anti-flicSacrée ambition ! Faudrait changer le nom de ce groupe pour que les choses soient claires : les « Antifas du polars » ou encore, sans mégoter, dans la ligne de l’appel politique inutile mais rigolo en 2012 des « auteurs du noirs avec Mélenchon » : « Le polar du Front de gauche ». Parce que c’est uniquement à ce titre, militants clavioteurs d’une révolution sanglante – mais toute virtuelle  et sans risque pour eux – qu’ils réclament l’éradication totale, parce que forcément idéologiquement sale, des auteurs et éditeurs qui auraient quelques liens qu’ils soient avec la Police. En fait, cette très pauvre coterie à compétences (sic) littéraires diverses : auteurs, libraire, blogueurs, « journaliste » ou « chroniqueurs » ne partage qu’un seul point commun qui est d’être des anti-flics primaires, allant jusqu’à  accepter sur ce groupe de considérer le meurtre de policiers, et leur suicides, comme drôles, sous la plume de leur psychopathe de service…

 

Allusion souriante au meurtre du Brigadier-Chef C. Papatico le 11 avril 2012 à Chambéry
Allusion souriante au meurtre du Brigadier-Chef C. Papatico le 11 avril 2012 à Chambéry

 

CHRISTIAN GOUY CONTRE ML 150214

 

 

C Laurent parle pas aux flics

 

gouy anti-flic 2fabebook et gouy anti-flic

 

Spéciale dédicace en cliquant sur ce slogan révolutionnaire.
Spéciale dédicace en cliquant sur ce slogan révolutionnaire.

 

 

 

 

 

 

De là, et uniquement de là, vient leur vieille obsession (depuis août 2013) au sujet de Marc Louboutin, co-actionnaire et auteur chez Rouge Sang éditions (et non pas éditeur, rôle qui est le mien) et accessoirement ex-lieutenant de police  et surtout auteur de deux livres critiques remarqués –publiés chez des éditeurs nationaux – sur cette administration. Ce qui lui vaut de se faire agonir de qualificatifs qui, une fois encore, se passent de commentaires, et qui évidemment le font passer  au final – à court d’arguments – pour un présumé dangereux fasciste pro-FN, quand il a enfin « osé » intervenir sur ce groupe intouchable et surtout non-critiquable tant l’Ego de ces minuscules « agitateurs du polar » est démesuré :

sebastien WESPIRER com 9

gouy sur ML
Marc Louboutin n’a jamais affirmé cela. Il a même été parmi les premiers à dénoncer ces conduites (sur France Info) tout en mentionnant qu’il ne s’agissait pas (ce qui s’est avéré vrai) d’une « mafia organisée ».
gouy et fabe book
A court d’arguments ? Attaquez bien salement sur le physique, cela fait toujours rire…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le libraire 1
Libraire préparant l’assimilation ex-flic = FN

 

Être anti-flic suffit pas ? Rajoutez une dose d'anti-militarisme basique...
Être anti-flic suffit pas ? Rajoutez une dose d’anti-militarisme basique…
Blogueur "influent" du polar, invité au lynchage, et qui regrette amérement de ne pas pouvoir y participer...
Blogueur « influent » du polar, invité au lynchage, et qui regrette amèrement de ne pas pouvoir y participer…

 

 

 

 

 

 

 

 

 louboutin FNAvec ce genre de méthode et d’individus, on atteint forcément vite la diffamation pure, à force de manipulations et de mensonges assumés. Furieux d’avoir lu dans un des commentaires « Torquemada de comptoir » les concernant, notre bon libraire-milicien de service lance vite un sujet anti-FN, y assimilant Marc Louboutin. Tout cela parce que Marine Le Pen a utilisé un jour également ce nom propre synonyme d’inquisiteur borné.  Il faudrait donc sans doute de toute urgence brûler tous les livres de Victor Hugo, suspect posthume d’avoir inspiré le FN

 Résumons : pour le tribunal populaire des chacals intellectuels de « Fanas du polar » la présence de Marc Louboutin chez Rouge Sang éditions, coupable d’être un ex-policier viré pour des faits inavouables,  « grosse vache » dénoncée comme candidat FN, est la preuve incontestable que cette société que je dirige serait une officine « fasciste » et que de facto les auteurs qui y collaborent doivent être considérés comme des gestapistes en puissance qui méritent d’être boycottés et vilipendés sans même avoir lu leurs ouvrages pour la quasi-majorité de cette meute.

Précisons le caractère tout à la fois mensonger et totalement diffamatoire de ces affirmations. Marc Louboutin est reconnu dans cette profession pour s’être opposé, à titre syndical et personnel, frontalement à l’évolution de la police décidée par M. Guéant et cela dès les années 90. Il a démissionné en 2003 en exprimant par écrit son écœurement professionnel. Il s’est fait débarquer ensuite d’un hebdomadaire national, sur instruction politique, suite à une enquête publiée sur le sentiment réel des policiers face à la politique de Nicolas Sarkozy. Il a écrit deux livres critiques sur la police, « Métier de chien – Lettres à Nicolas » en 2007, qui fut censuré en 2009 après son passage à « Complément d’enquête », puis « Flic c’est pas du cinoche » qui fut l’objet d’une longue enquête pour identifier ses sources internes à la police entre fin 2010 et début 2011. Il n’est évidemment absolument pas lié au FN de quelque manière que cela soit. Et tout cela est aisément vérifiable puisque public. Les affirmations sur ce groupe « d’experts » en littérature noire sont donc  fausses, légalement diffamatoires, et surtout tout à fait gratuitement putassières.

Marc Louboutin supporte des abrutis de ce genre depuis 30 ans. Il a  donc le cuir assez épais pour s’en moquer personnellement. Mais à titre professionnel et à celui de la réputation de Rouge Sang éditions, toute jeune maison émergente, ce n’est évidement pas acceptable.

On aimerait autre chose. On aimerait que cette bande de paltoquets foireux ait un peu de courage ailleurs que sur Facebook. Qu’ils possèdent un peu plus d’épaisseur, de surface, de volonté. Qu’ils sortent immédiatement de derrière leur écran pour se précipiter dans la rue insulter le premier policier venu. Qu’ils assument ouvertement dans les médias ouverts à tous –petits ou grands -dans lesquels ils s’expriment leur petite haine misérable et moisie de potentiels gardiens de goulag. Qu’ils osent lapider, mais ouvertement et pas juste entre eux sur Facebook, les auteurs connus et maisons d’édition majeures dans les mêmes termes insultants qu’ils le font avec les émergents. Aucun risque : quand on picole servilement à l’open bar du pont supérieur avec les pointures dans les salons littéraires, on se contente de cracher vers les cales sur les passagers de 3ème classe. C’est si tristement amusant : hors de question de risquer une réponse juridique d’un cabinet d’avocats spécialisés, ou même de se faire interdire d’événementiel. On aimerait tant que l’employé de librairie risque sa place en ouvrant sa boutique-salon de thé d’un quartier chic parisien en inscrivant sur la devanture : « Interdit aux chiens, aux flics et aux électeurs de droite ». On rêverait que le (ou les) administrateur(s) de ce groupe et l’auteur raté qui sert de clebs politique n’aillent pas, quand ils seront convoqués suite à notre plainte à répondre des propos de diffamation et d’insultes publiques dont ils sont responsables, couiner « à la liberté d’expression » (lire : d’insulter les gens) en se faisant passer pour des pauvres victimes d’un État forcément « fasciste ».

On aimerait avoir des ennemis littéraires. Des vrais. Qui savent lire. Écrire. Qui possèdent un cerveau. Ou juste des couilles.

Il n’y a  là que des cloportes à l’esprit malodorant.

Ce petit coup de bombe anti-nuisibles suffira pour ouvrir les yeux des lecteurs, auteurs, éditeurs et organisateurs de salons qui auront à les fréquenter.

Si vous croisez ces « FDP », comme ils s’appellent eux-mêmes, passez leur notre sincère mépris.

Estelle Taburiaux.
Directrice de Rouge Sang éditions.

Visuel de couverture : ©Mirabelle Ruzé & Jean-Christophe Menanteau

Voilà l’aurore couleur griotte.

Voici une jolie critique de « Voilà l’aurore » de Damien Ruzé parue hier soir dans le city mag impertinent « La Griotte » à la devise rigolote : « Niçoise ni soumise ».

La griotte

 

« Voilà l’aurore est carrément haletant. Phrases courtes et ciselées. Maîtrise de l’argot sans que ça ne sonne faux. Intrigues entremêlées. Ambiance glauque. Attachement aux personnages. Comme un parfum de Pulp Fiction de Tarantino. » Cliquez sur le lien pour lire la chronique en entier.

Merci pour le clin d’œil au chausseur éponyme du directeur de collections. Il est complet en mentionnant qu’Estelle Taburiaux, l’éditrice, collectionneuse presque compulsive et amoureuse des souliers de qualité, possède 137 paires de chaussures.

En savoir plus sur « Voilà l’aurore » et ses critiques de lecteurs ? Il vous suffit de cliquer sur ce lien et d’aller dans la rubriques « Avis ».

 

Gaëlle Salon 2

Lecteurs Lyonnais : rencontrez Gaëlle Perrin-Guillet !

Notre auteure Gaëlle Perrin-Guillet sera présente demain 15 février, de 14 à 19h00 à la Librairie Fantasio 33 Avenue Henri Barbusse, 69100 Villeurbanne, comme annoncé hier dans le Progrès.

article progrés 13 février 14

Librairie Fantasio

Présente dans le cadre de l’invitation d’auteurs autour du blog  Dora-Suarez spécialisé dans la littérature noire, c’est avec un immense plaisir qu’elle s’entretiendra avec les lecteurs de « Haut le choeur », son thriller édité par Rouge Sang éditions. (retrouvez ce livre et ses critiques en cliquant sur le lien)

N’hésitez pas à venir nombreux la rencontrer !

Saint Valentin couv

1929 : une Saint Valentin très « Rouge Sang » !

14 février 1929 : Criblé de balles,  Frank Gusenberg souffle à la police avant de mourir : « Personne ne m’a tiré dessus… »

Bugs Moran
Bugs Moran

Ce massacre est considéré comme le dernier de la rivalité entre deux mafias de Chicago alors en guerre ouverte : celle du South Side, d’origine italienne et dirigée par Al Capone et celle des Irlandais du North Side, alors menée par Bugs Moran.
Bugs Moran, alias « Moran le branque » avait alors pris la relève de Dean O’Banion, assassiné cinq ans plus tôt, à la tête des Irlandais du North Side Gang, dans une guerre ouverte avec les italo-américains de Capone. Ce dernier, craignant pour sa vie, décide alors de tendre une embuscade aux principaux membres du gang de Moran, et d’en profiter pour l’éliminer lui-même.

Al Capone
Al Capone

Si l’identité exacte des tueurs est toujours aujourd’hui sujette à caution pour les criminologues et passionnés d’histoire des mafias nord-américaines, on sait à peu près comment c’est déroulé le guet-apens. Il semblerait que la conception du piège ait été confiée à Jack McGurn, dit « la sulfateuse » ; ce dernier donne alors rendez- vous aux hommes de Moran, et à lui-même, dans un entrepôt du 2122 North Clark Street, dans le quartier de Lincoln Park à Chicago. On ne connaît toujours pas bien aujourd’hui le motif du rendez-vous dans ce vieux garage, le « Cartage SMC », car si l’hypothèse de la fourniture d’une cargaison de whisky provenant du Purple gang de Detroit est souvent évoquée, les victimes portaient toutes des habits de ville de bonne facture, qui qui semble exclure une manutention de caisses forcément salissantes.

Une fois dans le local, les hommes de Capone (qui opportunément est en vacances en Floride depuis quelques jours avant la rencontre prévue), déguisés en agents de police, prévoient de désarmer les Irlandais, puis tout simplement de les exécuter. Les hommes de Moran se rendent comme convenu au rendez-vous, à 10h30, et il semblerait que l’arrivée des gangsters de Capone, ou peut-être de complices extérieurs pour éviter malgré les uniformes d’être reconnus, ait été précipitée par un signal donné par un guetteur extérieur ayant confirmé la présence de Bugs Moran, cible principale. En effet, l’un de ses hommes, Albert Weinshank, dit « Albert le Gorille », cultive une forte ressemblance avec son chef. Moran, lui, est arrivé en retard, s’étant arrêté boire un café sur le chemin, et a pris la fuite en apercevant devant le garage désaffecté la fausse voiture de police des hommes de Capone.Saint Valentin 7

Une fois à l’intérieur, des faux agents de police en uniformes, porteurs de fusils, et d’autres Saint Valentin 1en civils porteurs de mitraillettes Thomson désarment les sept membres du gang Moran, les alignent contre un mur et les abattent de soixante-dix balles de mitraillettes et de deux coups de fusil. La fuite est organisée avec les « civils » les mains en l’air sous la conduite des faux policiers faisant semblant de les tenir en respect pour éviter l’affolement d’éventuels témoins.

L’affaire fait grand bruit, les massacres d’une telle ampleur étant rares à l’époque d’autant que les photos des sept cadavres, prises à l’arrivée de la vraie police, se retrouvent publiées dans « The Chicago Daily News. »Saint Valentin 4

Malgré la grande activité de la police, sans doute initialement pour se mettre hors de cause dans la première rumeur lui prêtant d’avoir elle-même pratiquée l’exécution, et les moyens employés, l’affaire piétine.

Moran ayant auparavant détourné des cargaisons d’alcool du Purple gang venant de Detroit, destinées à Capone, l’enquête s’oriente dans un premier temps dans cette direction, puis se dirige vers les membres connus de l’entourage du balafré.

Une semaine après la tuerie, une Cadillac 1927 Sedan est retrouvé brûlée dans un garage à deux pâtés de maison de là, attribuée comme moyen de locomotion de l’équipe de tueurs.

Les nommés Fred Burke et James Ray sont  suspectés au vu de leurs habitudes de revêtir des uniformes de la police pour tromper leurs victimes habituelles…
D’autres hommes de mains de Capone ;  John Scalise, Albert Anselmi, Jack McGurn et Franck Rio sont également sur la liste des suspects potentiels pour la police, et elle se concentre en priorité sur Scalise et McGurn.Scalise est tué avant le procès et McGurn est acquitté suite à un vice de procédure.

Mais alors que l’enquête stagne, le 14 décembre 1929, les policiers du comté de Berrien investissent le domicile d’un nommé Frederic Dane, au nom duquel un véhicule est immatriculé, ayant provoqué un accident en face d’un poste de police et dont le conducteur a abattu un officier de police : Charles Skelly.
La maison est vide, mais ils y découvrent à la fois de nombreuses armes et munitions dont deux mitraillettes Thomson identifiées comme ayant servi au massacre, et que Frederic Dane est en fait une fausse identité de Fred Burke, l’amateur d’uniformes, auteur du meurtre du policier alors qu’il conduisait en état d’ivresse. Il sera interpellé un an plus tard, condamné à la perpétuité pour le meurtre de l’agent de police, mais pas pour la tuerie faute de preuves suffisantes.

Le 8 janvier 1935, lors d’une opération anti-criminelle du FBI avec fusillade contre un autre gang, est capturé par les agents spéciaux un nommé Byron Bolton qui se révèle étonnamment bavard. Il affirme avoir participé comme guetteur au massacre de la Saint Valentin, que c’est lui qui s’est trompé sur l’identification formelle de Moran et que les tueurs étaient Fred Burke, Gus Winkeler, Fred Goetz, Bob Carey, Raymond « Crane Neck » Nugent, et Claude Maddox, une bande d’assassins et chargés des basses œuvres sous les ordres de Capone sous le nom des « American Boys». Cette thèse est toujours l’objet de controverse, d’autant que par la suite d’autres gangsters affirmèrent faire partie de l’équipe.Saint Valentin 6

Difficile, encore aujourd’hui, de faire la part des réalités, des suppositions, et de la fiabilité des révélations tardives des uns et des autres, en dehors du fait qu’il semble indéniable que cette tuerie ait été décidée par Capone, à laquelle elle ne portera pas bonheur puisqu’elle attirera encore plus l’attention sur lui et sur sa puissance. Et puis quelle confiance accorder à ce type de personnages ? Au milieu des sept cadavres de ce massacre de la Saint Valentin, le seul à survivre trois petites heures, malgré quatorze impacts, Frank Gusenberg, ne trouva t’il pas la force de souffler à la Police : « Personne ne m’a tiré dessus… »

Les sept victimes de cette tuerie furent : les frères Peter et Franck Gusenberg, Albert Kachellek, alias « James Clark », Adam Heyer, Albert Weinshank, Reinhart Schwimmer et John May.Saint Valentin 5

Cet épisode est évidement fortement ancré dans la mémoire populaire américaine concernant l’histoire des gangs et de la mafia. Le garage a été démoli en 1967, les briques du mur d’exécution, criblées de balles, furent achetées par un homme d’affaires canadien, Georges Patey, qui en a numéroté 414. Après les avoir exposées de manière itinérante, puis remontées dans une boite de nuit, elles ont été entreposées, certaines vendues individuellement puis la plupart revenue à la nièce de Patey à sa mort en 2004. Il semblerait que cela soit un casino de Las Vegas qui en soit actuellement propriétaire.

Cette tuerie est partie intégrante du scénario du film « Certains l’aiment chaud. » sorti en 1959, de Billy Wilder, elle a fait l’objet d’un film en 1967 ; The St. Valentine’s Day Massacre (L’Affaire Al Capone), et se trouve évoquée dans le premier film « Scarface » de 1932, de même qu’en 1987 dans « Les Incorruptibles ».

Saint Valentin affiche

 Bonne Saint Valentin à tous nos lecteurs !

 

Source :  Dictionnaire amoureux du crime auquel notre auteur Marc Louboutin a collaboré comme responsable des recherches et des synthèses pour l’auteur.

 

(c) Jean-Christophe Menanteau.

« Voilà l’aurore » : pas de tromperie sur la marchandise pour « Le noir émoi »

Merci beaucoup à Carine Boulay de cette jolie chronique sur son blog « Le Noir émoi ».

le noir emoi

« Singulier, saisissant, déroutant, étourdissant, VOILÀ L’AURORE de Damien Ruzé est un mélange détonant et audacieux. Une lecture hors normes dans laquelle je me suis furieusement et plaisamment laissée embarquer. » (cliquez sur la phrase pour lire la chronique en entier)

Cliquez sur « Voilà l’aurore »  pour avoir accès au livre et aux autres avis.

Image de une : (c) Jean-Christophe Menanteau.

édition de polars

Travailler dans le « Noir » rend heureux !

La preuve : cette photo de la directrice de « Rouge Sang éditions », Estelle Taburiaux, réalisée lors d’une séance de prises de vue pour un prochain article dans la presse économique finistérienne.

le « Noir » c’est la vie… A vous de nous rejoindre !

Et à très vite pour le calendrier de nos prochaines sorties.