Archives mensuelles : avril 2014

photo marrante

Gaëlle Perrin-Guillet interviewée par le célèbre Mandor

Belle et longue interview de Gaëlle Perrin-Guillet, auteur de « Haut le choeur » par le chroniqueur littéraire et musical François Alquier dit « Mandor ».

Merci à lui.

Extrait :

« Être chez Rouge Sang, une jeune maison, certes, mais belle et prometteuse, as-tu l’impression de changer de statut et que l’on te regarde autrement ?

Oui. C’est peut-être idiot, mais la reconnaissance d’un éditeur est super importante pour quelqu’un qui écrit. Avant, j’avais un problème de légitimité. Aujourd’hui, je peux enfin m’affirmer comme auteure. J’ai l’impression d’être montée d’un étage. » (cliquez sur l’extrait pour accéder à l’intégralité de ce long entretien)

Et pour en savoir plus sur « Haut le chœur », c’est en cliquant sur la couverture du livre au dessous :

COUV POUR SITE AVEC BADEAU

 

1ERE DE COUV fb site recadrée

« In Fine » : la belle critique d’Alexandre Burg

Ce chroniqueur, que l’on sait peu enclin à l’éloge facile sur son blog littéraire« Garoupe »a lu « In Fine » de Stéphane Nolhart, et… il a aimé.

garoupe in fine

Extrait de sa critique :

« Nolhart, à travers un style enjoué, drôle, parfois fin, tantôt caustique et tantôt triste, et quelques excellentes trouvailles narratives (la résurrection de Maître Vergès en avocat publiciste de la Mort, les relations La Mort/Asclépios qui se livrent bataille à travers la médecine et le pouvoir de résurrection…), livre une production très agréable à lire et qui provoque quelques questionnements personnels quant à la perception de la vie, de la mort, de son rôle sociologique, à ce que serait notre société sans la mort et donc à notre rapport amour/haine que l’on a quand on y réfléchit de façon détachée ou quand on y est directement confronté. La mort n’est pas forcément une injustice… »  (Cliquez sur l’extrait pour lire la chronique en entier)

Vous voulez en savoir plus sur ce livre ? C’est en cliquant sur la couverture ci-dessous :

COUVERTURE IN FINE

 

échiquier Mc Queen

« L’échiquier d’Howard Gray » donne encore le frisson.

Merci à la blogueuse Foumette, spécialisée dans le thriller, le roman noir et le polar, de sa longue critique du livre de Florent Marotta : « L’échiquier d’Howard Gray ».

les frissons de foumette

Extrait :

« Comment distinguer les pions blancs des pions noirs quand vos certitudes volent en éclat et ne sont qu’un leurre et qu’en plus vous jouez une partie à l’aveugle (une variante du jeu d’échecs dans laquelle l’un ou les deux joueurs ne voient pas l’échiquier et s’annoncent les coups oralement.)?

Préparez-vous au pire car l’adversaire de cette partie n’est pas celui auquel vous pensiez, il n’est qu’un redoutable manipulateur machiavélique et immoral ! «  (Cliquez sur l’extrait pour lire la chronique entière)

Et pour retrouver toutes les informations sur « L’échiquier d’Howard Gray », un thriller policier bien épais et dense, c’est en cliquant sur la couverture en dessous :

COUVERTURE

 

photo nouveau site

Florent Marotta encore très honoré par une critique !

Guillaume, du blog « Tribulations d’une Vie » a lu « L’échiquier d’Howard Gray ».

Il a visiblement adoré ce livre.

Extrait de sa chronique :

Alors ? Envie vous aussi de vous laisser tenter par cet épais thriller policier ?

Il suffit de cliquer sur la couverture ci-dessous pour accéder au livre :

COUVERTURE

EHG recadré site internet

Parution de la première critique de « L’échiquier d’Howard Gray »

La première critique du thriller policier « L’échiquier d’Howard Gray »de Florent Marotta vient de paraître.

Gaylord, le « patron » du blog littéraire « Du bruit dans les oreilles, de la poussière dans les yeux » a ouvert ses portes à Loley, une blogueuse indépendante résolument amoureuse du « noir » et bien connue des réseaux sociaux. Merci beaucoup à elle – et à lui – pour cette analyse détaillée et son ressenti après lecture de ce livre.

« Niveau émotion j’ai été servie, j’ai pu à un certain moment me sentir impuissante et torturée par la douleur d’un des personnages ou encore dévorée par l’envie de tenir le dénouement, justement il tombe à pic ce dénouement les explications sont parfaites pour tout rassembler en un seul morceau (ou presque …) et éclairer le lecteur sur les derniers détails de l’affaire.
J’ai pu me rendre compte à quel point une partie d’échec peut être machiavélique et cruelle quand on se trouve en plein milieu, sa fin est sublime tellement est est forte en actions et sensations, j’en ai presque eu des sueurs froides, elle est d’ailleurs très travaillée bravo à l’auteur ! «  (Cliquez sur le texte pour lire la longue chronique en entier)

COUVERTURE
Cliquez sur la couverture pour accéder à l’espace dédié à ce livre.

fred-de-mai

Fred de Mai (Flic de rue) : le retour de son célèbre blog !

Notre auteur Fred de Mai était un des blogueurs les plus actifs au début des années 2000. (ses multiples activités en cliquant)

En 2006, dans un des classements en vogue sur Internet, il fut même référencé 53ème parmi les 100 blogueurs Français les plus influents.

En 2010 il remporta un concours de slam organisé pour les 10 ans de la Francophonie par le Ministère de la Culture et TV5 Monde.

Après une période de silence,  et avant la ré-édition de son livre « Flic de rue » chez Rouge Sang éditions, aux alentours du 15 mai 2014, il revient (enfin !) sur vos écrans (d’ordinateurs ou de téléphones portables) en réactivant son blog,  avec parmi ses premières intervention, un petit texte sur le fameux « devoir de réserve » des policiers :

« Nous avons tous des droits et des devoirs. Parfois, les plus chanceux ont des droits cachés parmi leurs devoirs, c’est mon cas et celui de tous mes congénères soumis au droit de réserve. Cela veut dire que je suis libre de dire tout ce que l’on m’autorise de dire, je suis en liberté sous réserve, bien pire qu’une liberté sous caution car la réserve n’a pas de prix. Je dois peser chaque mot, chaque sous-entendu pour être entendu sans être jugé hors réserve de ce droit pervers qui me brime sans me bâillonner. Mais n’ayez crainte, je dirai ici ce que je pense et quoi qu’ils en pensent, je resterai dans la réserve, c’est bien entendu. Vous seuls pourrez lire entre les lignes ce que je nierai avoir écrit. Bonne lecture… »

flic de rue jpg
Toutes les informations sur ce livre dans les jours qui viennent.

Artiste polyvalent vous pouvez découvrir sa fiche d’auteur en cliquant sur cette phrase et en n’hésitant pas à lui laisser des messages de soutien.

 

salon de châteauroux

IN FINE : rendez-vous avec la Mort à Châteauroux.

C’est une exclusivité MONDIALE : les confidences de Catule la Mort seront pour la première fois en signature à « l’Envolée des livres » de Châteauroux, les 12 et 13 avril 2014.

Ce roman désopilant, écrit par Stéphane Nolhart, vous permettra de tout savoir sur la Mort : ses goûts vestimentaires et musicaux, ses petites manies et surtout ses angoisses.

nolhart bonne defVous saurez comment et pourquoi « Catule la Mort » décide un  jour de devenir aussi célèbre qu’une rock-star, pour être enfin reconnu à sa juste valeur, en engageant un communiquant célèbre et en utilisant les réseaux sociaux.

En revenant de Châteauroux avec votre exemplaire d‘In Fine dédicacé par le beau ténébreux – mais souriant – de notre équipe d’auteurs, vous allez vous engager dans une démarche étonnante : aimer enfin la Mort à sa juste valeur.

Pour tout savoir sur IN FINE, accéder à un large extrait gratuit et lire les premiers avis de lecteurs, il suffit de cliquer sur ce lien.

Et pour avoir toutes les informations sur ce salon littéraire de Châteauroux, c’est en cliquant sur celui-là.

COUVERTURE IN FINE

salon nogent sur oise

Le 12 Avril, Gaëlle Perrin-Guillet sera à Nogent-sur-Oise

Dédicace à Quai du Polar à Lyon.
Dédicace à Quai du Polar à Lyon.

Vous avez raté Gaëlle Perrin-Guillet à Quai du Polar à Lyon la semaine dernière ?

Ou vous êtes arrivés trop tard sur ce salon car au bout de seulement deux heures son stock de « Haut le chœur » avait été déjà dévalisé ?

Pas de stress !

Gaëlle vous attend samedi prochain, le 12 avril, de 10h00 à 18h00, à la médiathèque Maurice Schumann, 1 rue Denis Diderot 60180 Nogent-sur-Oise.

Le programme et les informations sur « Coup de Polar » de ce salon sont disponibles en cliquant sur ce lien.

COUV POUR SITE AVEC BADEAU
Cliquez sur la couverture pour accéder à toutes les informations sur « Haut le chœur »

ivresse tt fligueurs

L’ivresse des salons littéraires

En ces temps printaniers de floraison des salons du livre de tous genres, je souhaite d’excellents week-ends de dédicaces à tous mes collègues d’écriture. Ils ne savent pas la chance qu’ils possèdent. Je ne les blâme bien sûr en rien du plaisir qu’ils retirent de ces rencontres.

Je suis simplement interdit de ce genre d’événement.

Cela a commencé il y a quelques années par un coup de fil de la secrétaire d’un de mes éditeurs.

- « Vous n’avez pas fait de salons pour la promotion de votre livre. J’en ai un « gros » pour vous, c’est celui de X, je vous envoie la fiche d’inscription. »

Comminatoire. Indiscutable. Le stylo sur la couture du pantalon j’acquiesce d’un borborygme assez audible pour être pris pour un « oui » avant de rester songeur en écoutant l’écho de la tonalité intermittente du raccrochage de ligne.

J’avoue : j’avais déjà reçu des propositions par mails, auxquelles je n’avais volontairement jamais répondu. J’ai horreur de quitter mon bureau de travail et je hais la foule. Mais là j’étais coincé, fait aux pattes. Pas question de pouvoir refuser : c’est d’ailleurs dans mon contrat, qu’évidemment, comme tout auteur qui se respecte je n’avais lu qu’en diagonale, tellement content d’être publié pour la deuxième fois dans une maison de réputation nationale.

Les esprits chagrins ne rétorqueront que « je me dois à mes lecteurs ». Sauf que si j’avais voulu me jeter torse-poil  dans un bain de fans, j’aurais choisi d’être Rock Star pour que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi, qu’elles m’admirent, qu’elles me tuent, qu’elles s’arrachent ma vertu. Je me contente d’offrir à mes lecteurs les innombrables heures passées sur un clavier. Eux me font le cadeau de lire mes pages. Je crois que notre relation se suffit ainsi. Gardons entre nous la confidentialité de l’imaginaire des mots partagés. Inutile pour moi d’aller se tapoter les fesses pour s’apprécier plus.

Billets de train et programme détaillé reçus par courrier, en me surprenant à vérifier si l’on ne demandait pas aux auteurs invités de faire marquer leur linge à leur nom, me voici à la gare d’arrivée après un interminable voyage en TGV qui me conduit à l’autre bout de la France. Les écrivains bombent le torse ou les balconnets en pointant auprès de la jolie jeune fille au sourire de pub canine, accompagnée d’un escogriffe tout en longueur pointant vers le plafond du hall d’arrivée son étendard cartonné et logotisé pour rallier les vaillants Croisés de la dédicace.

Je m’ennuie déjà dans  le compliqué jeu de piste des navettes qui nous mène à l’accueil du salon, où l’on nous remet un badge à porter obligatoirement et un autre programme encore plus détaillé que le précédent reçu par courrier, sur lequel tout est prévu à la minute près, des heures de repas aux restaurants prédéterminés, des plages impératives de présence sur les stands aux recommandations formelles de ne pas rater le dernier transport de soirée vers son hôtel afin d’être au mieux de sa forme sur le salon.  La dernière fois que j’ai reçu des ordres aussi précis ma penderie était intégralement kaki. Retour aux hôtels qui sont éloignés du lieu du Salon en fonction de la notoriété de l’auteur et/ou de sa maison d’édition. Les « pointures » sont en centre-ville, les obscurs dans une zone commerciale excentrée. Je loue mon éditeur d’être assez connu pour que je sois affecté à celui de la gare, vidé de ses voyageurs de commerce pour la circonstance. Moquettes usées, œuvres d’art improbables au mur, taches d’humidité sur les papiers peints, sommier de granit. Heureusement le frigo est plein de mignonettes d’alcools forts. Vue sur les voies de triage.

Un Gentil Organisateur frappe aux portes pour annoncer que le minibus nous emmène dîner dans cinq minutes. Cela brouhahate dans la navette ou chacun se jauge discrètement. Sur la place centrale de cette plutôt grande ville, une centaine de « touristes du livre » cherche autour des grands chapiteaux abritant le salon l’établissement dans lequel il doit se rendre, programmes en main comme autant de scouts passant leur examen d’orientation. Grandes tables bruyantes. Apéritifs offerts, certains ont pris de l’avance. Quelques vieilles branches littéraires, le harnais blanchi par ce genre de rencontres, démontrent leur expérience en monopolisant le milieu d’une tablée, et en rapatriant vers eux,  discrètement mais sûrement, les litres de vins rouges et blancs disposés sur les ailes avant que les autres convives ne s’asseyent. Je m’installe pas trop loin de l’abreuvoir central, en face d’un auteur de BD. Autour, le niveau sonore monte avec la succession des plats. Cela « moi-je » à tout va : mots-clés du week-end. Je sympathise avec le dessinateur malgré les yeux noirs des vétérans de l’ivresse gratos puisqu’à chaque fois que nous nous servons en leur soutirant une bouteille se tendent également les verres des autres assoiffés de notre bout de table…

Retour à l’hôtel.  L’absence de double-vitrage m’aide à apprendre tous les horaires nocturnes des trains et le contenu du mini-bar ne suffit pas à convoquer Morphée. Je regrette déjà d’être venu. Vendredi soir de blues.

Au matin je croise dans le couloir, venant de la chambre mitoyenne de la mienne, une auteure dont la tenue de scène est en décalage de plus de trente ans entre son âge et la chair qu’elle dévoile. Je fuis son regard de cougar affamée. Petit-déjeuner composé de produits alimentaires de grande distribution teutonne puis nouveau pointage : l’évasion éventuelle de leurs protégés semble être l’obsession des organisateurs.

Sous la tente immense, prise de contact avec la libraire – la plus grosse enseigne présente – m’accueillant avec une vingtaine d’autres invités – qui nous assène une nouvelle liste de consignes précises. Cela commence à me gonfler menu.  Faut savoir qu’un auteur n’est pas payé pour être là. Le libraire marge de 30 % à 40 % sur chaque livre vendu, qu’il paye ensuite le plus souvent à 60 jours fin de mois (quand il ne joue pas avec les avoirs). Les petites maisons qui n’ont pas de distributeurs (qui margent aussi) se voient imposées pour être présentes les frais d’envoi des livres et leurs retours. L’auteur, lui, fait son modeste show pour un pourcentage d’une faiblesse  indécente, payé traditionnellement une fois par an, soit des mois plus tard. A la place de « salon du livre » on devrait imposer souvent « foire aux livres ». Personne n’est là pour parler littérature mais pour faire du chiffre. En gros, hormis les têtes d’affiche – et les « people » qui n’ont le plus souvent pas écrit un mot de leurs « œuvres » –  les auteurs modestes sur ces raouts font quasiment le même boulot que les bouchonneuses de Pigalle.

Je suis à peine assis sur mon modeste mètre carré entre un écrivain d’une soixantaine d’années bourru mais sympa et une auteure trentenaire et pétillante, que la mignonne au sourire d’accueil ferroviaire vient me chercher pour « avoir l’honneur d’être le premier à être interviewé par l’animateur du salon ». En gros j’ai aidé en répondant à des questions de routine, durant un quart d’heure, à régler les micros devant un couple de papys revenant du marché et venus se réchauffer, dans l’indifférence polie de la mise en place bruyante de mes « confrères » d’écriture.

Je retourne à ma place en examinant avec une attention ethnologique les retrouvailles des habitués. Cela se claque la bise, s’étreint comme si cela faisait des années de séparation, se félicite, se rue pour tutoyer ostensiblement « en prem’s » les auteurs connus – comme si leurs notoriétés et leurs talents pouvaient être contagieux – et les gros éditeurs quand ils sont là, ou tapiner gentiment avec les premiers journalistes. Il n’est pas onze heures, les premiers lecteurs (lire « clients ») arrivent doucement. Commencent les flâneries devant les tables derrière lesquels sont alignés livres et auteurs. Ouvrages scrutés, retournés puis ouverts, examen attentif de l’artiste, sans gêne, un peu entre le marché aux esclaves et aux bestiaux. Je me retiens d’ouvrir la bouche pour prouver ma bonne santé. On entend des « Ah ! » des « Oh ! » des « Je vous admire depuis toujours ! » ou «Merci pour la dédicace. Je peux vous embrasser ? » venant des tables des pointures.  Je signouille quelques ouvrages jusqu’à une ancêtre bijoutée-parfumée-Hermessée qui me toise en me disant : « J’adore les récits policiers. Je vous le prends. Faut soutenir la police avec « tout-ce-qui-se-passe ». Et surtout voter Front National ! ». Je file sans attendre à la brasserie voisine, sous le regard courroucé de la libraire, pour m’envoyer un whisky. Je le savoure doucement avec son jumeau en me demandant si je vais être fusillé au retour sous le chapiteau  pour abandon de poste sur le front de la rentabilité événementielle…

Je siestais les yeux ouverts après le déjeuner, en mode « dédicace automatique », quand arrive sur mon stand une vedette de Canal + venu signer son dernier livre. Devenus subitement transparents, nous partons avec mon voisin regarder à la brasserie – où l’on m’appelle déjà par mon prénom – un match de rugby en buvant des bières.

Quand arrive le soir je m’échappe rejoindre le rendez-vous « incontournable » du week-end : le cocktail dînatoire offert par la municipalité. Un de mes ouvrages volé dans le stock sous le bras- un échange prévu avec mon nouveau pote dessinateur – j’assiste à la ruée vers les petits fours. Le député-maire pavoise et se rengorge. Les morts de faim squattent le buffet pour se goinfrer et bloquer toute intrusion. Cela papillonne de léchage de joues entre ceux qui sont connus et les « aspirants à la gloire », les éditeurs sont débordés de sollicitations d’inconnus pour publier des récits forcément incontournables et majeurs. Cela fayotte, flagorne, s’auto-félicite et cire des pompes, se lance dans des tirades sur « l’œuvre » de plus en plus bruyantes avec les verres qui se vident. J’ai échangé mon livre avec un barman contre l’assurance d’avoir du whisky en réserve  jusqu’à la fin de la soirée avec mon ami de circonstance. Une attachée de presse, un verre plein d’un « brutal » indéterminé entre les doigts, vacille de bras en bras sur ses talons jusqu’à un très élégant et sonore « Merde j’ai tâché ma robe ! » suivi d’un examen à deux mains  de l’avant de cette dernière qui lui laisse le capot ouvert sur le moteur à peine couvert d’un string. En face d’elle quelques écrivains semblent prêts à décapuchonner illico pour une dédicace expresse dans un coin tranquille.  Devant nos airs goguenards, un auteur un peu connu, la soixantaine plus qu’assise, attiré par notre source écossaise visiblement intarissable, nous assène : « Faut pas la juger. Dans son boulot elle est bonne. » Je n’ai pas pu déterminer si la larme égrillarde qui perlait à ses yeux était due au désir ou à un souvenir ému d’un salon passé.

Nous quittons la Mairie pour un bar tranquille ouvert tard afin de diluer un peu la mayonnaise des toasts dans quelques bières de garde.  A deux heures du matin, dans une boite de nuit, nous poursuivons notre discussion sur nos inspirations respectives- le seul moment intéressant de ce séjour – avec un auteur de science-fiction qui s’est joint à nous quand notre ivresse est gâchée, au comptoir que nous avions annexé, par un ton germanopratin énonçant à une cantonade de gisquettes locales émoustillées et courtement vêtues de fluo, par-dessus le vacarme tambouriné par la sono : « Oui, oui,  je suis un écrivain parisien, invité spécial du salon du livre. » suivi de : « Barman ! Une bouteille de champagne ! » et plus discrètement : « Avec une facture. »

Une heure plus tard, je compte sur le mélange homéopathique de la tourbe et l’orge pour sombrer dans le sommeil quand un rire éclatant suivi d’une chute dans le couloir me signale le retour de ma voisine de chambre, visiblement accompagnée. Une bonne heure durant je tente de me souvenir des inventaires à la San-Antonio pour deviner les enchainements des figures libres comme on compte les moutons. J’ai identifié le « solo de trombone à coulisse» suivi sans doute de la « tarte poilée maison » puis d’un présumé « bilboquet furtif de la double chance »  et alors que j’hésitais entre le « marteau piqueur enchanté » et « l’ouragan tamponneur»,  la tête de lit de la voisine se met à frapper sourdement en rythme notre mur mitoyen ne laissant aucun doute sur la deuxième option. Je dois attendre un râle d’agonie digne d’une scène de crime bollywoodienne pour pouvoir enfin fermer les yeux une paire d’heures.

Au réveil,  avec  l’impression de mâcher un kleenex et les tambours du Bronx dans le cerveau, je croise en sortant de ma chambre un jeune autoédité à l’air essoré quittant furtivement celle de ma voisine, qui me salue vaguement en fixant la moquette sans croiser mon regard. Dans les escaliers qui mènent à la salle du petit déjeuner son téléphone sonne. « Oui Chérie, cela se passe bien. J’ai une voix bizarre ? Non non, je suis juste fatigué. C’est épuisant les salons tu sais bien ! »

Je n’ai jamais su s’il avait rencontré un jour l’éditeur de ma voisine en échange de son dévouement…

Dimanche. Dix heures trente. Quelques dédicaces un peu tremblotantes plus tard et voilà qu’en levant les yeux je me rends compte que le salon semble désert. En face de moi, sur les autres stands derrière leurs tables, les auteurs s’interrogent, haussent les épaules. Tournant la tête, je vois « l’invité vedette » ; un auteur américain de notoriété mondiale, submergé par les demandes.  Doit bien y avoir une centaine de personnes qui n’attendent que lui dans une file désordonnée et impatiente. Une dizaine de photographes et de cameramen encombre l’intérieur du stand de notre librairie et ils bousculent le dossier de ma chaise pour accéder à la « star ».

Sans états d’âme je retourne à la brasserie rallumer la chaudière en attendant le train du départ en début d’après-midi. En gros la vingtaine de livres que j’ai vendu ont uniquement servi, avec ceux de mes anonymes  camarades de galère, à participer aux frais d’invitation de deux écrivains célèbres et d’une rentabilité sans concurrence, un pour chaque jour de cet événement…

A mon retour, un ami médecin m’a dit qu’à ce rythme-là, si je poursuivais les salons, je terminerai comme Bukowski, le talent en moins.

Je ne vais plus aux salons.

Mais ce n’est en rien un boycott.

J’ai juste une dispense médicale.

Marc Louboutin

Ps :  Ceci est évidement une fiction. Toute ressemblance avec des faits réels, etc etc…

1ERE DE COUV fb site recadrée

IN FINE : Le livre de la Mort enfin en version papier !

Nous sommes très fiers de vous annoncer la sortie officielle en version papier du livre « In Fine » de Stéphane Nolhart.

Il était difficile pour Rouge Sang éditions, alors qu’elle est omniprésente dans nos ouvrages, de passer à côté de la publication de ce témoignage de la Mort en personne.

Grâce à ce roman vous saurez enfin tout sur la vraie vie de la mort.

Jusque-là, le secret était bien gardé.

 Vous pouvez vous procurer cet ouvrage en cliquant sur ce lien.

COUVERTURE IN FINE 4ème de couverture :

La Mort est dans notre imaginaire la seule inconnue dont nous ne pouvons refuser l’étreinte quand elle le désire. Mais que savons‑nous d’elle ? Rien ou presque.

Cette confession exclusive révèle au monde ce qu’aucun historien, ni chercheur, ni médecin n’a jamais pu dévoiler : la Mort a un nom ! Catule, de sexe masculin, bel homme et fan des Beatles.

Catule la Mort déprime. Il se sent mal‑aimé par l’humanité, supplanté dans le cœur des hommes par la médecine et ses rêves grotesques de vie éternelle. Alors, la Mort décide de se mettre en grève et d’organiser une sensationnelle opération de communication planétaire pour instaurer un monde où il sera enfin reconnu d’utilité publique, adulé comme une Star.
« C’est la gloire, les lauriers et les applaudissements ou je débraye. »

Citation :

Catule la Mort (Officiel) : « Mourir est la dernière chose à faire. Lol. »
20850 j’aime. 2690 commentaires. 3105 partages

 Avis :

« Un témoignage poignant qui bouleverse tous les clichés sur notre inéluctable fin. Et si, d’une façon absurdement désopilante, la Mort était tout simplement une forme d’humanité ? »