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L-627 et Métier de chien.

Ce film de Bertrand Tavernier, sorti dans les salles en 1992, et qui est devenu une légende repasse ce soir sur Arte à 20h50.

Notre auteur Marc Louboutin a connu cette époque, il y consacre une large partie du tome 1 « De la vocation au dégoût » de son livre « Métier de chien ».

Nous lui laissons la parole :

« Ce film est Presque un documentaire tellement c’est réaliste sur la police des années 80 en région parisienne. On a tendance, avec le temps comme tous les « vieux cons » à dire que « c’était le bon temps ». On idéalise. La réalité est plus mesurée : Nous n’avions pas de moyens, peu de bagnoles en bon état, des locaux pourris quasiment dans tous les services. Nous dormions peu, faisions parfois des semaines de 80 heures. Comme nous rédigions nous-même les procédures – et l’informatique n’existait pas – sur le papier cela tenait toujours. Au prix d’entorses parfois à la « vérité ». Fallait juste que la couche de vernis procédurale soit solide. Le seul avantage – et non des moindres – c’est que la hiérarchie nous laissait le plus souvent bosser exactement comme nous voulions, souvent prenait ses patins concernant nos affaires. Nous étions encore commandé par des « patrons », des vrais, pas « gérés » comme aujourd’hui, trop souvent par des simples cadres administratifs.

Pour nous la police c’était la guerre contre la drogue, et plus largement contre la délinquance. Et on ne fait pas de guerre avec des bons sentiments. Surtout dans la rue où la seule loi qui existe c’est la loi du plus fort. Le reste c’est au mieux de la discussion de bistrot au pire de la gesticulation intellectuelle.

Quand le film est sorti, j’avais réussi à être muté à Chambéry. Après l’avant-première réunissant policiers et magistrats, il y a eu un débat. Animé par notre jeune commissaire qui avait arrêté une fois le bus et deux fois sa montre par mégarde en oubliant de la remonter. Il a condamné les méthodes montrées dans le film. Évidemment. Les substituts et les juges d’instruction m’ont alors demandé si j’avais travaillé comme cela jusqu’à quelques mois plus tôt, avant mon arrivée. J’ai dit « oui ». Je me suis fait traiter de facho, de voyou, d’indigne d’être policier. Seul Eric du Montgolfier, le Procureur d’alors de la ville, semblait réellement intéressé et m’a invité à venir lui en parler dans son bureau. J’ai décliné : il n’y avait pas prescription…

Depuis les bonnes âmes ont pris les commandes partout depuis au moins vingt ans, avec les résultats que l’on connait.

Au delà du film, que je recommande évidemment, pour ceux que cela intéresse de savoir comment au fil du temps nous sommes arrivés à la situation actuelle, je me suis attaché à le raconter dans « Métier de chien ». Le livre est plus cru encore que le film, tout simplement car j’avais plus d’espace de narration. Sans le carcan d’un film, on peut aller plus loin, tout à fois sur la période, qui est bien plus longue dans le livre, mais aussi dans les détails ou tout simplement en narrant des scènes, ou des situations, qui sont souvent trop outrancières pour le cinéma.  Sans compter ce qu’il ne faut pas raconter sur le fonctionnement réel de la police. Tout cela est pourtant dans « Métier de chien »… « 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce livre, ou se le procurer, les informations sont disponibles en cliquant sur la couverture ci-dessous. Chaque livre commandé est numéroté et dédicacé par l’auteur.

1ERE DE COUV(1) avec bandeau

Bonus : un passage emblématique de ce film :


L.627 par lepoulpe33