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Métier de chien : Le flic de base, de terrain, n’a qu’à bien se tenir

Belle et longue critique de Philippe, un des nombreux lecteurs de « Métier de chien » de Marc Louboutin.

« Je viens de terminer la lecture de « Métier de chien ». Bon sang !! Quel voyage ! Quel gâchis, surtout !
Tu as eu raison (permets-moi de te tutoyer. Cela peut paraître ridicule, mais j’ai été formaté toute ma carrière parisienne – je suis policier depuis 1988 – à vouvoyer tout supérieur hiérarchique au dessus de brigadier-chef !), tu as eu raison, disais-je, de rééditer ce témoignage. Les gens doivent savoir. Tout n’est que poudre aux yeux, comme une vitrine qu’on veut jolie et bien structurée, ou une représentation d’une troupe de mauvais comédiens. Les collègues doivent sortir la tête du sable et affronter une bonne fois pour toute la brutale réalité : nous sommes seuls et l’Administration n’est pas bienveillante et protectrice. Le flic de base, de terrain, n’a qu’à bien se tenir et aller dans le sens du poil et tout ira bien. Rester dans le troupeau et surtout ne pas se distinguer, en mal ou en bien. Surtout pas en bien…
J’ai refermé ton livre et j’ai comme un sale goût dans la bouche. Il y a plein de choses qui remontent à la surface. Des trucs que j’avais laissé tomber au fond pour ne pas que ça me pollue la cervelle. C’est comme
une bouteille que tu viendrais de secouer : le vin, qui ne te paraissait pas si mauvais, est troublé par le dépôt qui reposait au fond et là, tu te dis qu’il te reste 10 ans à faire, 10 ans d’une mauvaise piquette qu’il va te falloir ingurgiter. En faisant bonne figure, pour inquiéter personne, et en tentant de garder un équilibre à peu près stable dans ton service et dans ton foyer.
Mais quand même, tu repenses à ces années, vaines, dans une BAC, et celles encore plus pourries dans une salle de commandement, puis dans un bureau à côtoyer « ceux d’En-Haut ». Et tu te dis que finalement, la place d’un policier est sur le bitume et pas sur la moquette. L’air de la rue te paraît moins vicié, les malfrats plus sains que les sinistres chefaillons qui te commandent.
Et puis, tu es cabot dans une brigade de roulement en province et tu règle des différents, tu ramasses des poivrots, tu prends des beignes et ta mère se fait plus insulter qu’elle ne l’a jamais été. Tu manipules des cadavres parce que le jeunot de SOS Médecins à oublié ses gants (le dernier en date étant un collègue de brigade, parti tout seul, victime d’une « longue maladie ». Pas celle qui mène au suicide. L’autre…).
Mais tu gardes la tête haute car tu as encore tes principes, et tu peux encore te regarder, face au miroir. Tu sais que tu as aidé des gens, protégé des collègues, qui te l’ont bien rendu aussi. Et tu en a encore pour 10 ans, mais c’est pas grave, tu es avec tes potes, ta bande. Ta seconde famille. Tu es au taquet : brigadier 7ème échelon. Tu n’iras pas plus haut. Et c’est tant mieux. Tu ne deviendras pas comme eux. Tu resteras avec tes potes, à patrouiller et sillonner les rues en attendant l’appel 17, qui jalonne ta vacation de ses affaires à deux balles, ou d’autres qui finiront aux Assises.
Merci, Marc, d’avoir remué tout ça. Tu as mis sur le papier, noir sur blanc, cash et sans détour, ce que beaucoup pensent et ressentent plus ou moins confusément, parce qu’ils n’ont pas osé, ou parce qu’il n’en ont pas le talent. Tu as réveillé beaucoup de choses. Des souvenirs, des odeurs, des sons, des impressions…
J’ai aimé. Beaucoup. J’attends le second tome avec impatience.
Merci encore. »

 

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Chaque exemplaire est dédicacé et numéroté
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(c) iDavid Billoir/RSE. Tous droits réservés, reproduction interdite

Mort d’un homme : n’est-il qu’un flic de moins ?

Marc Louboutin, ancien Lieutenant de Police, auteur de « Métier de chien » et directeur éditorial du livre « Flic de rue » de Fred de Mai, réagit à la mort en service d’un policier, dans l’Aveyron, hier.

« Après tout ce n’était d’un flic…

Hier, dans l’Aveyron, un policier est mort, fauché par une voiture lors d’une opération de contrôle de vitesse. Un conducteur qui voulait s’enfuir. Quitte à tuer. Pour éviter une contravention de plus. Pour des pneus lisses dit-on. Pour éviter de payer quelques €uros d’amende, ou juste préserver des points de permis de conduire, il a pris une vie. Après tout ce n’était qu’un flic.

Les médias, pour cette mort, ont déjà oublié les « Je suis policier » brandis dans la foule des « Je suis Charlie ». Il y a donc une incompréhensible échelle de valeur dans les morts en service de policiers. Le meurtrier – car c’en est un – est déjà dans les titres de presse décrit comme un simple et vulgaire «chauffard». Un accident banal en quelque sorte. Cela ne mérite que quelques secondes aux journaux de vingt-heures et quelques lignes dans les manchettes. Pas plus. Après tout ce n’était qu’un flic.

Le côté criminel de cet acte ? Mis de côté. Déjà apparaissent les commentaires honteux aux relents de mépris. « Il avait accepté d’être payé pour prendre des risques » ou encore « Un simple accident du travail comme dans le BTP ». Bien sûr. Que les policiers soient très majoritairement blessés ou tués volontairement par des tiers et non par fatalité ou négligence n’est pas très important finalement. Après tout ce n’était qu’un flic.

Qu’importe qu’il y a une quinzaine de jours à Rouen un autre policier ait été également percuté par une voiture et se trouve toujours dans un état grave. Qu’importe que fin mars un autre ait été mutilé à vie, un doigt arraché, toujours par un véhicule en fuite. Qu’importe que ce type d’agressions soient devenues monnaie courante. Qu’importe que des automobilistes en faute ou délinquants trouvent de plus en plus normal de s’échapper en percutant les représentants des forces de l’ordre comme des quilles avec une certaine impunité au regard des conséquences. Car à chaque fois, le sang, la douleur et parfois la vie ne se payent que d’un constat méprisant : après tout ce n’était qu’un flic.

Une voiture est une arme mortelle par destination. Foncer sur une personne est une intention homicide. Les magistrats, le plus souvent, l’occultent. On parle de «peur» du conducteur, de fuite irraisonnée, de fatalité, d’excuses… et de sanctions symboliques. Voilà ce qui dans la balance vaut autant, voire plus, que la vie qui bat sous un uniforme. La victime ne pèse pas lourd. Après tout ce n’était qu’un flic.

Une fois encore, le même discours funèbre et convenu de lieux communs empilés en tremolos de théâtre sera prononcé. Il donne la nausée aux policiers et à ceux qui les soutiennent tant il a été trop entendu. Il n’y aura sans doute pas d’annonce ferme et définitive de prise en compte, systématiquement, de la gravité de ces conduites criminelles devenues coutumières depuis trop longtemps. Quelques mots habituels, un drapeau sur un cercueil, des médailles sur un coussin, une sonnerie aux morts et le Ministre pourra repartir à ses occupations politiques plus importantes. Après tout ce n’était qu’un flic.

Il restera, après la cérémonie, une épouse qui pleure et l’incompréhension d’un bébé d’un an déboussolé par la foule, le bruit et la fatigue. Des proches effondrés, des collègues qui serrent les dents de tristesse et de colère. Toute une profession blessée au cœur qui pense à eux du fond de son âme. Pourquoi cela toucherait-il plus de monde ? Après tout ce n’était qu’un flic.

Cette petite fille grandira sans son papa, dans le reflet, peut-être, d’un portrait bordé de noir que sa maman embrassera de désespoir en cachette pour ne pas lui montrer sa peine inconsolable. Elle maudira sans doute le jour de la mutation de son mari dans ce Sud si attendu, après des années parisiennes, dont le couple se réjouissait il y a juste six mois. Là où ils attendaient d’être heureux et un cadre meilleur pour l’éducation de leur enfant. A la place du bonheur ils ont trouvé la violence gratuite, la bêtise criminelle, le mépris de l’uniforme et la vie fracassée contre une carrosserie. Qui s’en souciera encore dans quelques jours seulement ? Après tout ce n’était qu’un flic.

Il s’appelait Benoît Vautrin. Il avait 37 ans et un avenir radieux devant lui. Il était policier à Decazeville. Pour la majorité des gens ce n’était qu’un flic. Un de ceux dont la vie, visiblement, vaut moins que les autres. Un de ceux dont la société accepte la mort avec indifférence mais qui aurait été placé au pilori honteux des accusés s’il avait eu le temps de tirer pour se défendre du monstre d’acier et tôle qui se ruait lâchement mais mortellement vers lui. Il est de ceux qu’il est devenu facile de sacrifier, d’en mépriser la valeur de l’existence. Après tout ce n’était qu’un flic.

Pas pour sa famille. Pas pour ceux qui l’aimaient. Pas pour l’ensemble ses camarades. Pas pour nous. Pas pour ceux qui gardent conscience du vrai prix d’un homme. Il était surtout celui, comme ses frères et sœurs d’Arme, qui était prêt à chaque prise de service à exposer sa peau pour les autres, même sur une simple mission de routine. Il est aujourd’hui celui qui a donné sa vie pour vous durant l’une d’elles.

Il s’appelait Benoît Vautrin.
Ce n’était pas qu’un flic.
C’est un héros.

Ne l’oubliez pas. »

 

(c) illustration : David Billoir/RSE. Tous droits réservés, reproduction interdite

l 627

L-627 et Métier de chien.

Ce film de Bertrand Tavernier, sorti dans les salles en 1992, et qui est devenu une légende repasse ce soir sur Arte à 20h50.

Notre auteur Marc Louboutin a connu cette époque, il y consacre une large partie du tome 1 « De la vocation au dégoût » de son livre « Métier de chien ».

Nous lui laissons la parole :

« Ce film est Presque un documentaire tellement c’est réaliste sur la police des années 80 en région parisienne. On a tendance, avec le temps comme tous les « vieux cons » à dire que « c’était le bon temps ». On idéalise. La réalité est plus mesurée : Nous n’avions pas de moyens, peu de bagnoles en bon état, des locaux pourris quasiment dans tous les services. Nous dormions peu, faisions parfois des semaines de 80 heures. Comme nous rédigions nous-même les procédures – et l’informatique n’existait pas – sur le papier cela tenait toujours. Au prix d’entorses parfois à la « vérité ». Fallait juste que la couche de vernis procédurale soit solide. Le seul avantage – et non des moindres – c’est que la hiérarchie nous laissait le plus souvent bosser exactement comme nous voulions, souvent prenait ses patins concernant nos affaires. Nous étions encore commandé par des « patrons », des vrais, pas « gérés » comme aujourd’hui, trop souvent par des simples cadres administratifs.

Pour nous la police c’était la guerre contre la drogue, et plus largement contre la délinquance. Et on ne fait pas de guerre avec des bons sentiments. Surtout dans la rue où la seule loi qui existe c’est la loi du plus fort. Le reste c’est au mieux de la discussion de bistrot au pire de la gesticulation intellectuelle.

Quand le film est sorti, j’avais réussi à être muté à Chambéry. Après l’avant-première réunissant policiers et magistrats, il y a eu un débat. Animé par notre jeune commissaire qui avait arrêté une fois le bus et deux fois sa montre par mégarde en oubliant de la remonter. Il a condamné les méthodes montrées dans le film. Évidemment. Les substituts et les juges d’instruction m’ont alors demandé si j’avais travaillé comme cela jusqu’à quelques mois plus tôt, avant mon arrivée. J’ai dit « oui ». Je me suis fait traiter de facho, de voyou, d’indigne d’être policier. Seul Eric du Montgolfier, le Procureur d’alors de la ville, semblait réellement intéressé et m’a invité à venir lui en parler dans son bureau. J’ai décliné : il n’y avait pas prescription…

Depuis les bonnes âmes ont pris les commandes partout depuis au moins vingt ans, avec les résultats que l’on connait.

Au delà du film, que je recommande évidemment, pour ceux que cela intéresse de savoir comment au fil du temps nous sommes arrivés à la situation actuelle, je me suis attaché à le raconter dans « Métier de chien ». Le livre est plus cru encore que le film, tout simplement car j’avais plus d’espace de narration. Sans le carcan d’un film, on peut aller plus loin, tout à fois sur la période, qui est bien plus longue dans le livre, mais aussi dans les détails ou tout simplement en narrant des scènes, ou des situations, qui sont souvent trop outrancières pour le cinéma.  Sans compter ce qu’il ne faut pas raconter sur le fonctionnement réel de la police. Tout cela est pourtant dans « Métier de chien »… « 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce livre, ou se le procurer, les informations sont disponibles en cliquant sur la couverture ci-dessous. Chaque livre commandé est numéroté et dédicacé par l’auteur.

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Bonus : un passage emblématique de ce film :


L.627 par lepoulpe33

Chaque exemplaire est dédicacé et numéroté

Un « RMR Spécial police – 357 Magnum » dans les cadeaux ?

Pour se souvenir du « bon vieux temps » en lisant « Métier de chien » de Marc Louboutin, tout en apprenant les sentiments intemporels qui agitent les policiers de terrain qui tentent tout simplement, et malgré tout, de remplir leurs missions du mieux qu’ils le peuvent.

Cliquez pour accéder au livre.
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Les critiques des blogs :
(Il suffit de cliquer sur les textes pour lire les chroniques en entier)

« Il s’agit d’un témoignage cru et sans détour qui relate le quotidien du métier de flic. Il est clair que cette immersion dans l’horreur est loin d’être facile, comment tenir toute une carrière sans péter un plomb ? De nombreux suicides sont recensés chaque année, ces hommes et ces femmes ne sont visiblement pas soutenus comme ils le devraient par leurs supérieurs. On les envoie aux portes de l’Enfer et c’est à eux de débrouiller pour revenir indemnes. «  Le Shoot de Loley

« On touche du doigt la difficulté du métier car les policiers rencontrent toute la misère du monde dans l’exercice de leur fonction : insultes, violences, morts, confrontation à des victimes brisées… Ils sont aussi exposé à la bêtise de l’administration : sanctions non méritées, mutations forcées, manipulations, création de faux administratifs pour protéger certains et léser d’autres etc… La liste est longue et l’on comprend le ras le bol que peuvent ressentir les policiers. Ce témoignage doit vous toucher, vous révolter, vous indigner, vous faire réagir… Une lecture utile pour connaître la réalité du métier de policier. » Polars.etc

« Car ce qui retient l’attention, et ce qui finit par être passionnant, c’est cette façon de rendre l’ensemble d’une grande cohérence. Le fait que tout soit remarquablement écrit, formidablement bien introduit, fait que l’on suit ce livre, on tourne les pages, et qu’on le reprend avec plaisir, car on a l’impression de côtoyer quelqu’un qui a beaucoup de choses à nous apprendre. Alors, tout ne va pas être rose, loin de là. Des scènes vont être crues, des passages détaillés de façon très sale et réaliste, on va passer en revue tous les types d’affaires possibles et imaginables, des petites affaires de braquage aux simples vols de mobylettes, des putes aux consommateurs de drogue, des affaires de meurtres aux suicides. Mais ce qui ressort de tout cela, ce sont les exigences liées à ce métier qui sont énormes … » Black Novel

« Marc Louboutin fixe son métier de chien d’un regard acerbe, ne voilant rien, ne se cachant derrière aucun faux-fuyant pour justifier l’injustifiable. C’est donc un récit âpre, salutaire pour l’auteur peut-être autant que pour le lecteur dont la réalité parfois un peu rose se fissure face à la vérité de la rue, à sa violence, à sa sournoiserie. » Alexandre Burg sur son blog littéraire « Garoupe ».

Quelques avis de lecteurs :

« Le style de Marc Louboutin est comme l’homme : direct, sans concession et forcément « impolitiquement correct ». De surcroît, c’est un « vrai » écrivain. Cet homme-là écrit comme il photographie, il flashe chaque scène méticuleusement, balayant de son regard professionnel la « scène du crime », mais au-delà de cette implacabilité, le regard qu’il porte sur son ancienne vie est terriblement humain. » Virginie

« Car, il ne faut pas se voiler la face, ce livre est plus qu’un livre. Il est le reflet d’un homme qui a vécu son métier comme nous vivons le nôtre aujourd’hui. Avec fierté d’abord, droiture et justesse….puis désillusion, rage et solitude. » Caroline

« La Police, celle de nos rêves d’adolescents, celle de nos espérances de jeunes hommes et celle de nos expériences respectives n’était plus celle que l’on avait aimé. Toi tu en as écrit un livre… « Métier de Chien » pendant que moi je commençais à sombrer tout doucement . Lorsque j’ai lu ton livre, je me suis reconnu. Par moment, j’ai ressenti les mêmes sensations que toi. A la lecture de celles ci, j’ai ri, j’ai eu des frissons et j’ai même dû pleurer. » Thierry

« Pour les « hommes de l’art », ce livre est une lueur rassurante dans l’obscur médiocrité qui nous entoure. Pour les non-initiés, il rétablit notre honneur et la valeur de ce métier. » Deulin

Nous rappelons à tous nos lecteurs que nos pouvons inscrire le message que vous souhaitez sur les emballages rouges qui accompagnent nos livres. Ces messages sont à préciser dans la rubrique « Notes » lors de votre commande. Vous pouvez également y indiquer une autre adresse que la votre pour faire livrer un cadeau à un de vos proches que vous ne pourrez voir pour cette fête.

les trois

« Métier de chien » est également disponible dans ce pack  de quatre livres pour lequel nous offrons les frais de port, pour vous permettre de faire des économies  : le  Pack  Spécial Police(cliquez  pour voir le contenu du pack. )

Ce livre, comme toutes nos autres parutions, peut également être commandé dans le cadre de notre offre « Pack Noël Rouge Sang «  qui contient un cadeau supplémentaire offert par Rouge Sang éditions.

 

 

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Sortie de « MÉTIER DE CHIEN – Tome 1 : de la vocation au dégoût. »

Un livre sur la police sans concession ni langue de bois.

Ce livre, sorti initialement en avril 2007 sous le titre « Métier de chien – Lettres à Nicolas » fut censuré par son propre éditeur deux ans plus tard, alors qu’il restait plus de 2000 exemplaires à vendre.

La sécurité, un des axes fort de la politique de Nicolas Sarkozy, était alors sur toutes les lèvres et sans doute que la parole crue de l’auteur – l’ex policier Marc Louboutin – dans les médias de masse était devenue insupportable tant elle était en décalage avec les discours de l’époque.  Il a mis deux ans à pouvoir récupérer les droits de ce livre.

Il ressort ce 18 septembre, sous une forme rénovée pour éviter les polémiques politiques inutiles, à la demande de très nombreux policiers pour lesquels il s’agit d’un ouvrage emblématique et de lecteurs avides de savoir la réalité de ce métier et qui n’ont pu se le procurer.

Ce livre, sans indulgence pour l’auteur ni pour les faits, est l’histoire sans artifice d’un des derniers membres du corps des Inspecteurs de Police des années 80 à 2000. De ce point de vue-là, c’est presque un témoignage historique.

Mais si la police s’est réformée, le métier de « flic de rue », lui, est resté le même. A l’heure où cette semaine cinq policiers se sont donnés la mort, en cette période où Nicolas Sarkozy revient en politique accompagné d’ex-cadres de la police pour rejouer la même partition sécuritaires, et alors que Manuel Valls a utilisé le Ministère de l’Intérieur comme trampoline de carrière, comme son prédécesseur, pour affirmer son autorité, ce livre est plus que jamais d’actualité.

Pour savoir ce qu’une carrière de policier signifie, pour comprendre les femmes et hommes sous l’uniforme ou en civil cachés derrière les slogans politiques, pour savoir quelles sont leurs réussites, leurs peurs et aussi parfois leur malaise jusqu’à vouloir en finir, ce livre est indispensable.

Parce qu’aujourd’hui peut-être encore plus qu’hier, nombreux sont les policiers qui, comme l’auteur, expriment clairement qu’ils sont passés de la vocation au dégoût.

Début 2015 « « MÉTIER DE CHIEN – Tome 2 : Paroles de flics. » reprendra leurs témoignages anonymes recueillis par l’auteur entre 2003 et 2014.

Pour en savoir plus sur le livre et le commander, c’est en cliquant sur la couverture ci-dessous. La version numérique de l’ouvrage sera disponible dès demain 19 septembre.

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Sortie le 18 septembre du tome 1 de « Métier de chien ».

L’équipe de Rouge Sang éditions est heureuse de vous annoncer que « Métier de chien », tome 1 : de la vocation au dégoût, sera disponible aux envois le 18 septembre, date définie avec notre imprimeur CPI. Cette nouvelle version, actualisée et mise à jour, reprend l’intégralité du témoignage original.

Ce livre, sorti initialement en avril 2007 sous le titre « Métier de chien – Lettres à Nicolas », fut censuré deux ans plus tard par son propre éditeur malgré au moins 2000 exemplaires restant disponibles à la vente.

De très nombreux lecteurs – souvent policiers – avaient milité pour que l’auteur, Marc Louboutin, récupère ses droits sur l’ouvrage, ce qui fut possible, en grande partie grâce à eux, en juin 2011.

Pour fêter cette annonce attendue avec impatience, Rouge Sang éditions a décidé d’ouvrir les précommandes de « Métier de chien », avec en cadeau, pour les 150 premiers acheteurs, une dédicace manuscrite de Marc Louboutin sur des exemplaires numérotés.

Les numéros seront attribués sans dérogation possible par ordre de validation des commandes. Note importante : si vous souhaitez des dédicaces particulières, indiquez le dans la partie « ajoutez une note » de votre commande.

MISE A JOUR du 3 septembre à 18h00 : Devant le succès de l’opération, après la prévente des 150 premiers exemplaires numérotés et les nombreuses demandes supplémentaires reçues, l’opération est reconduite jusqu’à lundi 8 septembre 9h00 ou 250 exemplaires réservés.

Pour lancer votre commande, c’est en cliquant sur la couverture ci-dessous :

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bigouden TV

Reportage : « Ils éditent en Rouge Sang… »

Merci à l’équipe de « BigoudenTv » d’être venue nous visiter. Grâce à eux, vous allez tout savoir sur « Route Sang éditions », à la fois en images et avec un long article sur notre maison d’édition.

« C’est au Guilvinec, pas bien loin du port, de son phare et de ses bateaux qu’est nichée leur maison : on y est accueilli par une jeune femme charmante, aux yeux rieurs et par son conjoint-associé, au regard franc et direct, à la poignée de main ferme qui se fait visiblement une idée rapide du visiteur d’un jour. Les inscriptions sur leurs pulls  finissent de planter le décor : pour elle « La Boss la plus rock ! » , pour lui  « Parle à mon colt, ma tête est malade ».  Ambiance assurée. Ici, on travaille sérieusement, sans se prendre au sérieux : bienvenue chez Rouge Sang éditions !«  (cliquez sur le lien pour lire l’article et visionner le reportage)

ivresse tt fligueurs

L’ivresse des salons littéraires

En ces temps printaniers de floraison des salons du livre de tous genres, je souhaite d’excellents week-ends de dédicaces à tous mes collègues d’écriture. Ils ne savent pas la chance qu’ils possèdent. Je ne les blâme bien sûr en rien du plaisir qu’ils retirent de ces rencontres.

Je suis simplement interdit de ce genre d’événement.

Cela a commencé il y a quelques années par un coup de fil de la secrétaire d’un de mes éditeurs.

- « Vous n’avez pas fait de salons pour la promotion de votre livre. J’en ai un « gros » pour vous, c’est celui de X, je vous envoie la fiche d’inscription. »

Comminatoire. Indiscutable. Le stylo sur la couture du pantalon j’acquiesce d’un borborygme assez audible pour être pris pour un « oui » avant de rester songeur en écoutant l’écho de la tonalité intermittente du raccrochage de ligne.

J’avoue : j’avais déjà reçu des propositions par mails, auxquelles je n’avais volontairement jamais répondu. J’ai horreur de quitter mon bureau de travail et je hais la foule. Mais là j’étais coincé, fait aux pattes. Pas question de pouvoir refuser : c’est d’ailleurs dans mon contrat, qu’évidemment, comme tout auteur qui se respecte je n’avais lu qu’en diagonale, tellement content d’être publié pour la deuxième fois dans une maison de réputation nationale.

Les esprits chagrins ne rétorqueront que « je me dois à mes lecteurs ». Sauf que si j’avais voulu me jeter torse-poil  dans un bain de fans, j’aurais choisi d’être Rock Star pour que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi, qu’elles m’admirent, qu’elles me tuent, qu’elles s’arrachent ma vertu. Je me contente d’offrir à mes lecteurs les innombrables heures passées sur un clavier. Eux me font le cadeau de lire mes pages. Je crois que notre relation se suffit ainsi. Gardons entre nous la confidentialité de l’imaginaire des mots partagés. Inutile pour moi d’aller se tapoter les fesses pour s’apprécier plus.

Billets de train et programme détaillé reçus par courrier, en me surprenant à vérifier si l’on ne demandait pas aux auteurs invités de faire marquer leur linge à leur nom, me voici à la gare d’arrivée après un interminable voyage en TGV qui me conduit à l’autre bout de la France. Les écrivains bombent le torse ou les balconnets en pointant auprès de la jolie jeune fille au sourire de pub canine, accompagnée d’un escogriffe tout en longueur pointant vers le plafond du hall d’arrivée son étendard cartonné et logotisé pour rallier les vaillants Croisés de la dédicace.

Je m’ennuie déjà dans  le compliqué jeu de piste des navettes qui nous mène à l’accueil du salon, où l’on nous remet un badge à porter obligatoirement et un autre programme encore plus détaillé que le précédent reçu par courrier, sur lequel tout est prévu à la minute près, des heures de repas aux restaurants prédéterminés, des plages impératives de présence sur les stands aux recommandations formelles de ne pas rater le dernier transport de soirée vers son hôtel afin d’être au mieux de sa forme sur le salon.  La dernière fois que j’ai reçu des ordres aussi précis ma penderie était intégralement kaki. Retour aux hôtels qui sont éloignés du lieu du Salon en fonction de la notoriété de l’auteur et/ou de sa maison d’édition. Les « pointures » sont en centre-ville, les obscurs dans une zone commerciale excentrée. Je loue mon éditeur d’être assez connu pour que je sois affecté à celui de la gare, vidé de ses voyageurs de commerce pour la circonstance. Moquettes usées, œuvres d’art improbables au mur, taches d’humidité sur les papiers peints, sommier de granit. Heureusement le frigo est plein de mignonettes d’alcools forts. Vue sur les voies de triage.

Un Gentil Organisateur frappe aux portes pour annoncer que le minibus nous emmène dîner dans cinq minutes. Cela brouhahate dans la navette ou chacun se jauge discrètement. Sur la place centrale de cette plutôt grande ville, une centaine de « touristes du livre » cherche autour des grands chapiteaux abritant le salon l’établissement dans lequel il doit se rendre, programmes en main comme autant de scouts passant leur examen d’orientation. Grandes tables bruyantes. Apéritifs offerts, certains ont pris de l’avance. Quelques vieilles branches littéraires, le harnais blanchi par ce genre de rencontres, démontrent leur expérience en monopolisant le milieu d’une tablée, et en rapatriant vers eux,  discrètement mais sûrement, les litres de vins rouges et blancs disposés sur les ailes avant que les autres convives ne s’asseyent. Je m’installe pas trop loin de l’abreuvoir central, en face d’un auteur de BD. Autour, le niveau sonore monte avec la succession des plats. Cela « moi-je » à tout va : mots-clés du week-end. Je sympathise avec le dessinateur malgré les yeux noirs des vétérans de l’ivresse gratos puisqu’à chaque fois que nous nous servons en leur soutirant une bouteille se tendent également les verres des autres assoiffés de notre bout de table…

Retour à l’hôtel.  L’absence de double-vitrage m’aide à apprendre tous les horaires nocturnes des trains et le contenu du mini-bar ne suffit pas à convoquer Morphée. Je regrette déjà d’être venu. Vendredi soir de blues.

Au matin je croise dans le couloir, venant de la chambre mitoyenne de la mienne, une auteure dont la tenue de scène est en décalage de plus de trente ans entre son âge et la chair qu’elle dévoile. Je fuis son regard de cougar affamée. Petit-déjeuner composé de produits alimentaires de grande distribution teutonne puis nouveau pointage : l’évasion éventuelle de leurs protégés semble être l’obsession des organisateurs.

Sous la tente immense, prise de contact avec la libraire – la plus grosse enseigne présente – m’accueillant avec une vingtaine d’autres invités – qui nous assène une nouvelle liste de consignes précises. Cela commence à me gonfler menu.  Faut savoir qu’un auteur n’est pas payé pour être là. Le libraire marge de 30 % à 40 % sur chaque livre vendu, qu’il paye ensuite le plus souvent à 60 jours fin de mois (quand il ne joue pas avec les avoirs). Les petites maisons qui n’ont pas de distributeurs (qui margent aussi) se voient imposées pour être présentes les frais d’envoi des livres et leurs retours. L’auteur, lui, fait son modeste show pour un pourcentage d’une faiblesse  indécente, payé traditionnellement une fois par an, soit des mois plus tard. A la place de « salon du livre » on devrait imposer souvent « foire aux livres ». Personne n’est là pour parler littérature mais pour faire du chiffre. En gros, hormis les têtes d’affiche – et les « people » qui n’ont le plus souvent pas écrit un mot de leurs « œuvres » –  les auteurs modestes sur ces raouts font quasiment le même boulot que les bouchonneuses de Pigalle.

Je suis à peine assis sur mon modeste mètre carré entre un écrivain d’une soixantaine d’années bourru mais sympa et une auteure trentenaire et pétillante, que la mignonne au sourire d’accueil ferroviaire vient me chercher pour « avoir l’honneur d’être le premier à être interviewé par l’animateur du salon ». En gros j’ai aidé en répondant à des questions de routine, durant un quart d’heure, à régler les micros devant un couple de papys revenant du marché et venus se réchauffer, dans l’indifférence polie de la mise en place bruyante de mes « confrères » d’écriture.

Je retourne à ma place en examinant avec une attention ethnologique les retrouvailles des habitués. Cela se claque la bise, s’étreint comme si cela faisait des années de séparation, se félicite, se rue pour tutoyer ostensiblement « en prem’s » les auteurs connus – comme si leurs notoriétés et leurs talents pouvaient être contagieux – et les gros éditeurs quand ils sont là, ou tapiner gentiment avec les premiers journalistes. Il n’est pas onze heures, les premiers lecteurs (lire « clients ») arrivent doucement. Commencent les flâneries devant les tables derrière lesquels sont alignés livres et auteurs. Ouvrages scrutés, retournés puis ouverts, examen attentif de l’artiste, sans gêne, un peu entre le marché aux esclaves et aux bestiaux. Je me retiens d’ouvrir la bouche pour prouver ma bonne santé. On entend des « Ah ! » des « Oh ! » des « Je vous admire depuis toujours ! » ou «Merci pour la dédicace. Je peux vous embrasser ? » venant des tables des pointures.  Je signouille quelques ouvrages jusqu’à une ancêtre bijoutée-parfumée-Hermessée qui me toise en me disant : « J’adore les récits policiers. Je vous le prends. Faut soutenir la police avec « tout-ce-qui-se-passe ». Et surtout voter Front National ! ». Je file sans attendre à la brasserie voisine, sous le regard courroucé de la libraire, pour m’envoyer un whisky. Je le savoure doucement avec son jumeau en me demandant si je vais être fusillé au retour sous le chapiteau  pour abandon de poste sur le front de la rentabilité événementielle…

Je siestais les yeux ouverts après le déjeuner, en mode « dédicace automatique », quand arrive sur mon stand une vedette de Canal + venu signer son dernier livre. Devenus subitement transparents, nous partons avec mon voisin regarder à la brasserie – où l’on m’appelle déjà par mon prénom – un match de rugby en buvant des bières.

Quand arrive le soir je m’échappe rejoindre le rendez-vous « incontournable » du week-end : le cocktail dînatoire offert par la municipalité. Un de mes ouvrages volé dans le stock sous le bras- un échange prévu avec mon nouveau pote dessinateur – j’assiste à la ruée vers les petits fours. Le député-maire pavoise et se rengorge. Les morts de faim squattent le buffet pour se goinfrer et bloquer toute intrusion. Cela papillonne de léchage de joues entre ceux qui sont connus et les « aspirants à la gloire », les éditeurs sont débordés de sollicitations d’inconnus pour publier des récits forcément incontournables et majeurs. Cela fayotte, flagorne, s’auto-félicite et cire des pompes, se lance dans des tirades sur « l’œuvre » de plus en plus bruyantes avec les verres qui se vident. J’ai échangé mon livre avec un barman contre l’assurance d’avoir du whisky en réserve  jusqu’à la fin de la soirée avec mon ami de circonstance. Une attachée de presse, un verre plein d’un « brutal » indéterminé entre les doigts, vacille de bras en bras sur ses talons jusqu’à un très élégant et sonore « Merde j’ai tâché ma robe ! » suivi d’un examen à deux mains  de l’avant de cette dernière qui lui laisse le capot ouvert sur le moteur à peine couvert d’un string. En face d’elle quelques écrivains semblent prêts à décapuchonner illico pour une dédicace expresse dans un coin tranquille.  Devant nos airs goguenards, un auteur un peu connu, la soixantaine plus qu’assise, attiré par notre source écossaise visiblement intarissable, nous assène : « Faut pas la juger. Dans son boulot elle est bonne. » Je n’ai pas pu déterminer si la larme égrillarde qui perlait à ses yeux était due au désir ou à un souvenir ému d’un salon passé.

Nous quittons la Mairie pour un bar tranquille ouvert tard afin de diluer un peu la mayonnaise des toasts dans quelques bières de garde.  A deux heures du matin, dans une boite de nuit, nous poursuivons notre discussion sur nos inspirations respectives- le seul moment intéressant de ce séjour – avec un auteur de science-fiction qui s’est joint à nous quand notre ivresse est gâchée, au comptoir que nous avions annexé, par un ton germanopratin énonçant à une cantonade de gisquettes locales émoustillées et courtement vêtues de fluo, par-dessus le vacarme tambouriné par la sono : « Oui, oui,  je suis un écrivain parisien, invité spécial du salon du livre. » suivi de : « Barman ! Une bouteille de champagne ! » et plus discrètement : « Avec une facture. »

Une heure plus tard, je compte sur le mélange homéopathique de la tourbe et l’orge pour sombrer dans le sommeil quand un rire éclatant suivi d’une chute dans le couloir me signale le retour de ma voisine de chambre, visiblement accompagnée. Une bonne heure durant je tente de me souvenir des inventaires à la San-Antonio pour deviner les enchainements des figures libres comme on compte les moutons. J’ai identifié le « solo de trombone à coulisse» suivi sans doute de la « tarte poilée maison » puis d’un présumé « bilboquet furtif de la double chance »  et alors que j’hésitais entre le « marteau piqueur enchanté » et « l’ouragan tamponneur»,  la tête de lit de la voisine se met à frapper sourdement en rythme notre mur mitoyen ne laissant aucun doute sur la deuxième option. Je dois attendre un râle d’agonie digne d’une scène de crime bollywoodienne pour pouvoir enfin fermer les yeux une paire d’heures.

Au réveil,  avec  l’impression de mâcher un kleenex et les tambours du Bronx dans le cerveau, je croise en sortant de ma chambre un jeune autoédité à l’air essoré quittant furtivement celle de ma voisine, qui me salue vaguement en fixant la moquette sans croiser mon regard. Dans les escaliers qui mènent à la salle du petit déjeuner son téléphone sonne. « Oui Chérie, cela se passe bien. J’ai une voix bizarre ? Non non, je suis juste fatigué. C’est épuisant les salons tu sais bien ! »

Je n’ai jamais su s’il avait rencontré un jour l’éditeur de ma voisine en échange de son dévouement…

Dimanche. Dix heures trente. Quelques dédicaces un peu tremblotantes plus tard et voilà qu’en levant les yeux je me rends compte que le salon semble désert. En face de moi, sur les autres stands derrière leurs tables, les auteurs s’interrogent, haussent les épaules. Tournant la tête, je vois « l’invité vedette » ; un auteur américain de notoriété mondiale, submergé par les demandes.  Doit bien y avoir une centaine de personnes qui n’attendent que lui dans une file désordonnée et impatiente. Une dizaine de photographes et de cameramen encombre l’intérieur du stand de notre librairie et ils bousculent le dossier de ma chaise pour accéder à la « star ».

Sans états d’âme je retourne à la brasserie rallumer la chaudière en attendant le train du départ en début d’après-midi. En gros la vingtaine de livres que j’ai vendu ont uniquement servi, avec ceux de mes anonymes  camarades de galère, à participer aux frais d’invitation de deux écrivains célèbres et d’une rentabilité sans concurrence, un pour chaque jour de cet événement…

A mon retour, un ami médecin m’a dit qu’à ce rythme-là, si je poursuivais les salons, je terminerai comme Bukowski, le talent en moins.

Je ne vais plus aux salons.

Mais ce n’est en rien un boycott.

J’ai juste une dispense médicale.

Marc Louboutin

Ps :  Ceci est évidement une fiction. Toute ressemblance avec des faits réels, etc etc…

poudre de cloportes

« Critiques » de livres noirs sur Facebook : le bal des cloportes!

Ils chassent en meute, adorent ridiculiser , insulter les « petits » auteurs et éditeurs et massacrer leurs livres – parfois même sans les avoir lus – juste par pure bêtise.

Ce n’est pas des blogs personnels de lecteurs dont il est question ici, certains font même des chroniques argumentées que certains professionnels pourraient envier.

Pas mal de ces blogs amateurs sont tenus sérieusement. Nous ne parlerons pas ici des sites internet d’une notoriété plus importante : ils refusent les envois presse des petits éditeurs, étant déjà débordés par ceux des éditeurs majeurs.  Ils fonctionnent donc déjà quasiment comme les journaux et magazines : ils nourrissent le plus souvent la machine industrielle de production de livres. Ce n’est pas une critique, c’est juste un constat.

Reste pour nous une autre piste pour avoir des avis. Et c’est là que cela se corse : les « groupes » spécialisés dans le polar sur Facebook. La plupart sont créés et tenus par des amoureux de lecture. Ils cherchent des idées de livres, en discutent, c’est bon enfant. Ils aiment, ou pas. Font la promotion de leurs coups de cœur. S’attachent au contenu des livres. Des vrais lecteurs quoi. Ceux pour lesquels nous faisons ce métier et auxquels s’adressent nos auteurs.

Il y a quand même une exception, sur laquelle nous allons nous attarder, parce qu’il est représentatif d’à peu près tout ce qui est médiocre sur les réseaux sociaux, et l’était déjà dès la création d‘internet et des forums. Pas de raison donc que le milieu des amoureux de la littérature noire échappe à ce qui semble un regroupement par osmose de mépris suintant,  de suffisance crasse, d’humour hautain et toujours avilissant pour la cible.  Sur Facebook sévit donc la poignée d’abrutis qui anime « Fanas du polar ». Inutile de s’y rendre : pour peu que vous ayez un tant soit peu de répartie, ils s’appellent au secours les uns les autres pour chasser en meute et tenter au plus vite de vous noyer de quolibets ignobles. Pourquoi s’y arrêter ? D’une part parce qu’ils nous vouent une sorte de haine inextinguible avant même notre première parution, d’autre part tout simplement parce que la poignée d’individus encadrant ce rassemblement de près de 300 membres (dont la grande majorité est sans doute inscrite là, comme ailleurs, sans penser à mal) est somme toute assez représentative de tous les acteurs de ce milieu littéraire. Petite présentation des plus virulents de la « meute » avant de rentrer dans le vif du sujet :

Un auteur de polar psychopathe (c’est lui qui le dit) en manque de reconnaissance et sans doute de talents, animateur principal de leur haine franchouillarde, un très suffisant chroniqueur littéraire ( payé par Nice Matin ?) ou son usurpateur, une apparemment bipolaire blogueuse belge de livres :  la « gentille » qui sollicite poliment  des services de presse aux éditeurs mais qui se prend sur ce groupe pour la Nathalie Ménigon de la critique en les flinguant médiocrement dans le dos, et enfin un employé de librairie (se disant chroniqueur occasionnel à France Inter) qui apporte sa caution « professionnelle » de vendeur de livres à cette petite bande dont le fonctionnement s’inspire de certaines mini-terreurs de halls d’immeuble. A laquelle se joignent plus ou moins régulièrement quelques pseudo-experts « noirs », un ex-blogueur, et au moins un auteur un peu connu mais masqué sous pseudo (forcément), venant soutenir leur fan-club.

Leur slogan copié-collé : « Abandonne tout espoir d’autopub, toi qui entres ici » (convoquer ainsi l’immense Dante est indigne), leur bandeau : le logo d’une marque  Finlandaise de cardiofréquencemètres sportifs ( ?), leur « favicon »   : un verre de vin et une bouteille de rouge. (du coup on comprend mieux leur aptitude au délire)

Mieux qu’une longue digression sur leur comportement de racailles du Net, voilà comment Rouge Sang éditions fut accueillie –dès sa création – par ce groupe de haineux systématiques suite à notre appel à blogueurs pour des critiques de nos livres, et cela tout à fait gratuitement sans rien leur demander ni même publier ou intervenir chez eux… :

La même qui demandait des livres gratuits en même temps à...Marc Louboutin
La même qui demandait des livres gratuits en même temps à…Marc Louboutin

acceuil 2 appel blog

acceuil appel blogsAvouez : cela part bien. Pas un livre publié et déjà une volée de commentaires insultants ou moqueurs, sans raison factuelle, juste comme cela en passant, par toute petite aigreur frustrée : lâchement. Et surtout, notamment pour la « fameuse » Fabe Book,  en douce, pour pouvoir poursuivre son rôle de Lara Croft de bazar auprès de ses « potes » . Alors que dans le même temps…elle était la première à solliciter très poliment Rouge Sang éditions pour recevoir tout à fait  gratuitement nos envois de service de presse.  Nous ne sommes sans doute pas les seuls quand on voit la constance de ses publications sur tous les groupes dédiés au genre policier en se faisant passer pour la bonne copine sympa qu’elle n’est absolument pas. Nous passerons sur le fait qu’elle n’est même pas capable de recopier correctement  dans ses « chroniques » le titre d’un livre… en lui souhaitant encore de longues années de lecture gratuite. Mais pas grâce à nous.

La question qui survient est « Pourquoi un tel acharnement immédiat? ». Nous y reviendrons en gardant le meilleur pour la fin. Pour l’heure, restons sur quelques morceaux choisis de « critiques » concernant Rouge Sang éditions et nos auteurs.

critique 2
Pour eux, une auteure, en l’espèce Gaëlle Perrin-Guillet, n’est donc qu’une « pouliche ». Petit sexisme de bas-étage…

Là encore, niveau d’analyse sous le niveau de la mer. Les taupes de la littérature policière critique 3creusent toujours plus bas dans le fumier dans lequel ils s’épanouissent. Et quand il faut détruire un livre, sans même l’avoir lu, leur médiocrité va jusqu’à fouiller Facebook pour trouver des avis mitigés et les publier tels quels, sans demander critique 1l’avis de personne, dans les commentaires d’un billet pourtant argumenté comme ils ont osé le faire (anonymement évidemment) sur un site Internet pour « Haut le chœur ».

Débutante en quoi ? Gaëlle Perrin-Guillet : 4 livres. Fabe Book : 0
Débutante en quoi ? Gaëlle Perrin-Guillet : 4 livres. Fabe Book : 0
Grand chroniqueur à l'oeuvre...
Grand chroniqueur à l’œuvre…

 

 

 

 

Mais donc : pourquoi tant de haine ? En fait, c’est simple. Fanas du polar n’est pas simplement un groupe concerné par la littérature noire en général. C’est un mini-groupuscule se réclamant d’une pseudo frange minable de l’extrême-gauche. Ils sont donc résolument engagés « contre le fascisme dans le polar ».

gouy anti-flicSacrée ambition ! Faudrait changer le nom de ce groupe pour que les choses soient claires : les « Antifas du polars » ou encore, sans mégoter, dans la ligne de l’appel politique inutile mais rigolo en 2012 des « auteurs du noirs avec Mélenchon » : « Le polar du Front de gauche ». Parce que c’est uniquement à ce titre, militants clavioteurs d’une révolution sanglante – mais toute virtuelle  et sans risque pour eux – qu’ils réclament l’éradication totale, parce que forcément idéologiquement sale, des auteurs et éditeurs qui auraient quelques liens qu’ils soient avec la Police. En fait, cette très pauvre coterie à compétences (sic) littéraires diverses : auteurs, libraire, blogueurs, « journaliste » ou « chroniqueurs » ne partage qu’un seul point commun qui est d’être des anti-flics primaires, allant jusqu’à  accepter sur ce groupe de considérer le meurtre de policiers, et leur suicides, comme drôles, sous la plume de leur psychopathe de service…

 

Allusion souriante au meurtre du Brigadier-Chef C. Papatico le 11 avril 2012 à Chambéry
Allusion souriante au meurtre du Brigadier-Chef C. Papatico le 11 avril 2012 à Chambéry

 

CHRISTIAN GOUY CONTRE ML 150214

 

 

C Laurent parle pas aux flics

 

gouy anti-flic 2fabebook et gouy anti-flic

 

Spéciale dédicace en cliquant sur ce slogan révolutionnaire.
Spéciale dédicace en cliquant sur ce slogan révolutionnaire.

 

 

 

 

 

 

De là, et uniquement de là, vient leur vieille obsession (depuis août 2013) au sujet de Marc Louboutin, co-actionnaire et auteur chez Rouge Sang éditions (et non pas éditeur, rôle qui est le mien) et accessoirement ex-lieutenant de police  et surtout auteur de deux livres critiques remarqués –publiés chez des éditeurs nationaux – sur cette administration. Ce qui lui vaut de se faire agonir de qualificatifs qui, une fois encore, se passent de commentaires, et qui évidemment le font passer  au final – à court d’arguments – pour un présumé dangereux fasciste pro-FN, quand il a enfin « osé » intervenir sur ce groupe intouchable et surtout non-critiquable tant l’Ego de ces minuscules « agitateurs du polar » est démesuré :

sebastien WESPIRER com 9

gouy sur ML
Marc Louboutin n’a jamais affirmé cela. Il a même été parmi les premiers à dénoncer ces conduites (sur France Info) tout en mentionnant qu’il ne s’agissait pas (ce qui s’est avéré vrai) d’une « mafia organisée ».
gouy et fabe book
A court d’arguments ? Attaquez bien salement sur le physique, cela fait toujours rire…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le libraire 1
Libraire préparant l’assimilation ex-flic = FN

 

Être anti-flic suffit pas ? Rajoutez une dose d'anti-militarisme basique...
Être anti-flic suffit pas ? Rajoutez une dose d’anti-militarisme basique…
Blogueur "influent" du polar, invité au lynchage, et qui regrette amérement de ne pas pouvoir y participer...
Blogueur « influent » du polar, invité au lynchage, et qui regrette amèrement de ne pas pouvoir y participer…

 

 

 

 

 

 

 

 

 louboutin FNAvec ce genre de méthode et d’individus, on atteint forcément vite la diffamation pure, à force de manipulations et de mensonges assumés. Furieux d’avoir lu dans un des commentaires « Torquemada de comptoir » les concernant, notre bon libraire-milicien de service lance vite un sujet anti-FN, y assimilant Marc Louboutin. Tout cela parce que Marine Le Pen a utilisé un jour également ce nom propre synonyme d’inquisiteur borné.  Il faudrait donc sans doute de toute urgence brûler tous les livres de Victor Hugo, suspect posthume d’avoir inspiré le FN

 Résumons : pour le tribunal populaire des chacals intellectuels de « Fanas du polar » la présence de Marc Louboutin chez Rouge Sang éditions, coupable d’être un ex-policier viré pour des faits inavouables,  « grosse vache » dénoncée comme candidat FN, est la preuve incontestable que cette société que je dirige serait une officine « fasciste » et que de facto les auteurs qui y collaborent doivent être considérés comme des gestapistes en puissance qui méritent d’être boycottés et vilipendés sans même avoir lu leurs ouvrages pour la quasi-majorité de cette meute.

Précisons le caractère tout à la fois mensonger et totalement diffamatoire de ces affirmations. Marc Louboutin est reconnu dans cette profession pour s’être opposé, à titre syndical et personnel, frontalement à l’évolution de la police décidée par M. Guéant et cela dès les années 90. Il a démissionné en 2003 en exprimant par écrit son écœurement professionnel. Il s’est fait débarquer ensuite d’un hebdomadaire national, sur instruction politique, suite à une enquête publiée sur le sentiment réel des policiers face à la politique de Nicolas Sarkozy. Il a écrit deux livres critiques sur la police, « Métier de chien – Lettres à Nicolas » en 2007, qui fut censuré en 2009 après son passage à « Complément d’enquête », puis « Flic c’est pas du cinoche » qui fut l’objet d’une longue enquête pour identifier ses sources internes à la police entre fin 2010 et début 2011. Il n’est évidemment absolument pas lié au FN de quelque manière que cela soit. Et tout cela est aisément vérifiable puisque public. Les affirmations sur ce groupe « d’experts » en littérature noire sont donc  fausses, légalement diffamatoires, et surtout tout à fait gratuitement putassières.

Marc Louboutin supporte des abrutis de ce genre depuis 30 ans. Il a  donc le cuir assez épais pour s’en moquer personnellement. Mais à titre professionnel et à celui de la réputation de Rouge Sang éditions, toute jeune maison émergente, ce n’est évidement pas acceptable.

On aimerait autre chose. On aimerait que cette bande de paltoquets foireux ait un peu de courage ailleurs que sur Facebook. Qu’ils possèdent un peu plus d’épaisseur, de surface, de volonté. Qu’ils sortent immédiatement de derrière leur écran pour se précipiter dans la rue insulter le premier policier venu. Qu’ils assument ouvertement dans les médias ouverts à tous –petits ou grands -dans lesquels ils s’expriment leur petite haine misérable et moisie de potentiels gardiens de goulag. Qu’ils osent lapider, mais ouvertement et pas juste entre eux sur Facebook, les auteurs connus et maisons d’édition majeures dans les mêmes termes insultants qu’ils le font avec les émergents. Aucun risque : quand on picole servilement à l’open bar du pont supérieur avec les pointures dans les salons littéraires, on se contente de cracher vers les cales sur les passagers de 3ème classe. C’est si tristement amusant : hors de question de risquer une réponse juridique d’un cabinet d’avocats spécialisés, ou même de se faire interdire d’événementiel. On aimerait tant que l’employé de librairie risque sa place en ouvrant sa boutique-salon de thé d’un quartier chic parisien en inscrivant sur la devanture : « Interdit aux chiens, aux flics et aux électeurs de droite ». On rêverait que le (ou les) administrateur(s) de ce groupe et l’auteur raté qui sert de clebs politique n’aillent pas, quand ils seront convoqués suite à notre plainte à répondre des propos de diffamation et d’insultes publiques dont ils sont responsables, couiner « à la liberté d’expression » (lire : d’insulter les gens) en se faisant passer pour des pauvres victimes d’un État forcément « fasciste ».

On aimerait avoir des ennemis littéraires. Des vrais. Qui savent lire. Écrire. Qui possèdent un cerveau. Ou juste des couilles.

Il n’y a  là que des cloportes à l’esprit malodorant.

Ce petit coup de bombe anti-nuisibles suffira pour ouvrir les yeux des lecteurs, auteurs, éditeurs et organisateurs de salons qui auront à les fréquenter.

Si vous croisez ces « FDP », comme ils s’appellent eux-mêmes, passez leur notre sincère mépris.

Estelle Taburiaux.
Directrice de Rouge Sang éditions.